Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de Homo palmus
  • Le blog de Homo palmus
  • : Histoires et photos autour de mes plongées en Roussillon et ailleurs
  • Contact

Recherche

Archives

20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 01:56


De plus au nord à plus au sud, par-delà les montagnes, nous sommes toujours en Catalogne. L’arrière-saison est belle et il n’est pas désagréable de s’asseoir ce matin en terrasse pour un café, un chocolat ou un jus de fruit.

 

Goûter, en regrettant l'été blanc et torride,

De l'arrière-saison le rayon jaune et doux!

Baudelaire.

 

L’Estartit reçoit de très nombreux plongeurs. La réserve constituée autour des Iles Medes a un formidable pouvoir d’attraction. Les retombées économiques pour la station balnéaire sont évidentes et pourraient inciter au développement d’autres sanctuaires. Toutefois, les règles de gestion imposées sont différentes de celles, par exemple, de la  réserve de Cerbère-Banyuls : quota quotidien du nombre de plongeurs et taxe par plongée.

 

Ce matin, nous allons justement dans la réserve. Le site déterminé à l’avance est changé en arrivant sur place en raison des conditions de mer. Finalement, on nous propose un site à quelque distance de la Vaca. François et Sam ont pourtant bien l’intention d’aller jusqu’à cette grotte et de laisser toutes les autres palanquées faire le tour de la roche proposée.

 

Le bleu est une plongée inconsciente interminable.

Malcolm de Chazal.

 

Nous nous immergeons. La visi est très bonne. Pour rejoindre la grotte, nous allons devoir faire du chemin. Dans cet univers bleu lumineux, la lumière artificielle révèle des couleurs vives, presque agressives dans la douceur chromatique ambiante.

 

 

Bleu : couleur proche du rouge, mais pas très. Exemple : Un steak bleu désigne un steak rouge.

Desproges.

 

En nous rapprochant de la grotte, plusieurs autres cavités et tunnels de moindre taille s’ouvrent dans la paroi. Il est imprudent de s’y aventurer sans guide, mais rien n’empêche de jeter un œil aux voûtes proches : le corail rouge est abondant.

 

 

Quand je n'ai pas de bleu, je mets du rouge.

Picasso

 

Enfin, l’entrée de la vaste grotte se dessine devant nous. Nous allons changer d’ambiance, de couleurs, d’univers.

 

Reconnais-tu le Temple au péristyle immense, - Et les citrons amers où s'imprimaient tes dents, - Et la grotte, fatale aux hôtes imprudents, - Où du dragon vaincu dort l'antique semence?...

Gérard de Nerval.

 

 

Dans cette pénombre, l’entrée et la sortie sont des puits de lumière bleue aux contours un peu flous. A ces extrémités, les poissons se regroupent et défilent en ombres chinoises.

 

 

Un matin, l'un de de nous manquant de noir, se servit de bleu : l'impressionnisme était né.

Renoir

 

Traversant le tunnel, nous gagnons l’autre versant de l’île. Tandis que François nage dans son univers poétique intime, Sam plane parmi les poissons.

 

 

Les gens fuient par divers moyens : certains prennent un verre, ou deux bouteilles, ou une bouteille de plongée...

Luc Besson.

 

J’aime cette sortie de la grotte. Les parois sont couvertes de gorgones aux couleurs chatoyantes, sang et or comme le drapeau régional hérité de la couronne d’Aragon.

 

 

Au bout d’un laps de temps suspendu, il a bien fallu prendre le chemin du retour.

 

 

Sars et sars tambours étaient toujours là, ni tout à fait dans le tunnel, ni tout à fait à l’extérieur.

 

 

Croisant lentement dans les parages, le gros mérou dérangé de son repère obscur attendait à distance que nous soyons repartis.

 

 

Plus proche, et plus nerveux, un jeune mérou est venu tourner entre nous.

 

 

Petit poisson deviendra grand.

La Fontaine.

 

Sur le chemin du retour, j’ai quand même voulu faire une inspection rapide du site que nous aurions dû visiter avec tous les autres plongeurs. C’était vide, pelé.

 

Une grosse heure d’immersion, seuls dans ces eaux bleues et claires, parmi les poissons, puis isolés du monde dans ce tunnel où la pénombre donne encore plus de beauté aux jeux de lumière et de couleurs artificiellement révélées…

 

L'âme a la couleur du regard. L'âme bleue seule porte en elle du rêve, elle a pris son azur aux flots et à l'espace.

Maupassant

 

Repost 0
Published by Homo palmus - dans Espagne
commenter cet article
21 mars 2008 5 21 /03 /mars /2008 00:48

7h15, dimanche matin. C’est l’heure incroyable du rendez-vous au parking du péage où je dois retrouver François pour traverser à nouveau la montagne et gagner l’Estartit. 1h30 plus tard, nous avons retrouvé Sam et nous sommes à Oceansub (http://www.oceansub-estartit.com), prêts à enfiler notre costume du dimanche en néoprène. En préparant le matériel, on entend des mots comme « Maldives » et « requin baleine »… Moi, j’ai demandé à François une plongée avec un vol de raies mantas ou, au minimum, un beau tombant de gorgones rouges. Ce matin, ça sera la Vaca. Nous voici enfin partis pour la courte traversée entre le port et les îles Medes. Je me sens un peu seul en combi humide sur ce bateau…


Le bateau s’amarre au mouillage fixe. Tout le monde s’équipe et se met à l’eau. La température de l’eau est de 13°C et la visi est très correcte (une quinzaine de mètres). Nous longeons la paroi rocheuse dans une nuée de castagnoles, en direction de l’entrée du tunnel.


L’entrée du large tunnel est riche en faune fixée, mélange de celle que l’on trouve côté Roussillon sur les roches et sur le coralligène. J’immortalise un bouquet de clavelines, toujours étonné de l’impression que donnent ces animaux de n’être que fines membranes transparentes.


Sur l’autre versant de la paroi, 2 minuscules coryphelles sont probablement en plein repas sur des colonies d’hydraires entre les Parazoanthus et les algues calcaires.


Nous traversons le vaste tunnel et à la sortie, à main droite, toute la paroi est couverte de magnifiques gorgones bleues, sans éclairage, qui virent au jaune et au rouge sous la lumière du phare.


Plus loin, sous un rocher, un mérou s’abrite sous une voûte de corail.


Nous contournons la pointe de l’île pour revenir dans la zone du mouillage. Posé sur une grosse touffe d’algues, un gros chapon se laisse photographier.


Josep nous fait signe. Nous allons prolonger la plongée par la visite de quelques cavités et boyaux étroits. Le gruyère rocheux des îles Medes est propice au développement de la faune à tendance sciaphile comme les crevettes. Les entrées des grottes et les nombreux surplombs permettent le développement abondant du corail rouge.


A l’intérieur des cavités, les jeux d’ombre et de lumière créent des ambiances visuelles esthétiques. Ce n’est pas en entrant qu’on en profite le plus. Car parfois, presque rampant  sur le gravier pour ne pas frotter la robinetterie contre le plafond dans des boyaux sinueux, il est impossible de se retourner… C’est de l’intérieur du gruyère que l’on profite le plus de cette ambiance contrastée entre nuit et jour.


Un dernier petit détour photographique sur une roche à proximité du mouillage et après plus d’une heure d’immersion, nous passons les quelques minutes de palier avec un banc d’oblades.


Encore une plongée magnifique où j’ai eu beaucoup de plaisir à retrouver François et Sam. Je n’en veux pas à François de m’avoir forcé à quitter mon lit à 6h du matin. Je voulais voir des gorgones rouges et j’en ai vu beaucoup et de très belles. Evidemment, il est encore tombé sur un animal étrange qu’il a photographié et que l’on n’a pas encore formellement identifié…

Repost 0
Published by Homo palmus - dans Espagne
commenter cet article
29 février 2008 5 29 /02 /février /2008 21:33
Depuis le temps que François me parlait de ses plongées hivernales là-bas, il fallait bien que je me rende compte par moi-même. J’avais déjà fait une douzaine de plongées à L’Estartit il y a quelques années, côté côte et autour des rochers des Iles Medes, réserve naturelle.
1h30 de route et une sorte de « cacolac » réchauffé plus tard, nous sommes au club OceanSub, bien accueillis par Gemma et Josep. Vérification des papiers, signature d’une charte du plongeur responsable, équipement et nous voilà prêts, ou presque : une dernière vérification technique du matériel photo…


La proximité des îles juste en face du port est appréciable. Le court temps de trajet permet malgré tout de profiter du paysage aérien avant celui sous-marin.

undefinedundefined
Peu de plongeurs aux îles ce dimanche. Le site choisi est Dofi Sud, là où se trouve une statue de dauphin à l’entrée d’une cavité. Nous sommes 4 clients mais finalement seulement 2 à suivre Josep : la promenade sous-marine est guidée. Oublions cette sorte de fierté et l’orgueil qu’on estime parfois avoir chèrement gagnés avec nos diplômes d’autonomes et avouons que dans certaines circonstances, c’est bien agréable de se laisser guider et de se concentrer sur la photo et le plaisir des yeux. De plus, dans ce cas, il est question de passer la plus grande partie de l’immersion dans divers tunnels et grottes…
Plouf ! Gemma, qui s’inquiète peut-être que je sois le seul en combi humide, m’a dit de me mettre à l’eau en dernier. L’eau est à 13-14°C, quand même ! Descente sur un fond d’une douzaine de mètres et effectivement, devant l’entrée d’une cavité, une petite statue de dauphin en partie recouverte d’algues ne semble pas intéresser les sars qui tournent autour.

undefinedundefined
Les îles sont un véritable gruyère. Entrer dans les grottes immergées, c’est pénétrer un monde un peu différent de celui des plongées habituelles. A mi-chemin de la plongée spéléo, c’est malgré tout une plongée sous plafond : éclairage, attention au palmage, stabilisation… L’ambiance est particulière : les orifices dans les parois font des puits de lumière bleutée dans la pénombre.

undefinedundefined
L’environnement change avec la hauteur. Sur le sol, des roches arrondies évoquent des éboulis anciens aux blocs érodés. Ils sont recouverts d’une fine couche de vase. Un congre timide se cache alors qu’une mostelle pour une fois reste en pleine eau.

undefined
Les anthias sont ici dans des conditions de lumière et d’abri comparables à celles des épaves plus profondes du cap Béar où nous les voyons habituellement.

undefined
François me fait signe avec sa lampe : en dessous de moi se promène une crevette bouquet.

undefined
Dans les parois latérales, les trous et les failles sont aussi habités. Des mérous et un homard trop timides échapperont à nos appareils photos. Peut-être sommes nous trop inquiétants, mais comment pourrions nous faire pour les approcher sans lumière dans cette obscurité ? Plus haut, dans 2 anfractuosités, 2 grandes cigales, elles, prennent la pose sans crainte.

undefinedundefined
La voûte est colonisée par la faune fixée que l’on observe dans les massifs de coralligène. Eponges et anémones partagent l’espace avec du corail rouge, abondant.

undefined
Dans un recoin moins colonisé, à notre approche, une dromie remue à peine ses pinces aux bouts lisses et roses.

undefined
Après une halte dans une cloche d’air exigue pour 3 plongeurs, nous repartons vers la sortie et cette ambiance bleutée.

undefinedundefined
A chaque issue, sous les derniers surplombs, les poissons se réunissent, se croisent et se mélangent : gros loups, sars, sars tambours, corbs et mérous.

undefinedundefined
Il est temps de gagner une roche peu profonde pour un palier. Bien sûr, François et moi, nous passons les quelques minutes à la recherche de la petite bête. Le temps d’immortaliser une planaire et François m’appelle : il est encore tombé sur un minuscule nudibranche au fond d’un petit creux dans la roche ! Serait-ce un Tripania maculata ?

undefinedundefined
65 minutes au total, je commence à sentir le froid. Sur le bateau, Gemma me tend un ciré pour le retour. Mais la traversée est courte et peu de temps plus tard, j’ôte ma combi sous une douche chaude…
Merci à Gemma et Josep pour leur accueil, la qualité de leur service et leur attention. Et un grand merci à François pour cette très belle plongée. Il faudra qu’on y retourne !
Repost 0
Published by Homo palmus - dans Espagne
commenter cet article

Pages