Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de Homo palmus
  • Le blog de Homo palmus
  • : Histoires et photos autour de mes plongées en Roussillon et ailleurs
  • Contact

Recherche

Archives

5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 01:44

La forme se précise. Nous rejoignons la partie arrière. Un escalier très peu pentu mène à la poupe.


Au passage, je constate que la colonisation semble constituée d’individus plus développés que sur la partie avant. Pourtant, nous ne sommes qu’à quelques dizaines de mètres seulement.


Au passage, sur le pont, un charmant petit promeneur : c’est une Flabellina bicolor qui me rappelle les Flabellina babai du Roussillon.


A l’extrémité de l’épave, des parties du bastingage subsistent. Elles représentent des supports de colonisation intéressants appréciés par les animaux profitant des courants d’eau pour piéger les particules.


Plus je m’approche, plus mon phare révèle des couleurs chatoyantes sur ces barres encroûtées.


Mais le plus beau spectacle survient lorsque je passe au-dessus et que je descends le long de la coque.


La place est très disputée et la colonisation de la tôle est totale. Alcyonnaires et gorgones sont de plus grande taille que partout ailleurs sur l’épave. A leur base, madrépores et petites éponges se développent dans l’ombre de leurs grands voisins.


Si la beauté de la vue d’ensemble est magique, il ne faut pas négliger l’observation des plus petits. Mon binôme m’indique d’abord cet Hypselodoris festiva. Comme pour la flabelline, il me rappelle les doridiens bleu-blanc-jaune du Roussillon. Mais celui-ci a une pointe d’exotisme avec ses rhinophores et son panache branchial orangés.


Ils ont accéléré sur le retour. Mon ordi m’indique pourtant encore 6 minutes sans palier et j’ai encore 100 bars dans le bloc. Encore un peu plus tard, alors que nous sommes presque revenus à la cassure, mon binôme quelques mètres en avant (oui, je traîne un peu, je prends des photos…) me fait signe et me montre ce très joli Chromodoris tinctoria.


Celui-là, vraiment, il me plait avec ces petits rhinophores en plumeaux, son panache bicolore, son liseré jaune et son décor de dentelle rouge sur fond blanc.

Ils s’activent de plus en plus. En quelques instants, nous sommes à la proue et nous remontons le long du bout fixé au treuil. Je finis la plongée avec 80 bars après 30 minutes à 28 m max. Ils voulaient rester dans la courbe de sécurité des ordis. En d’autres lieux, avec d’autres binômes, je serais bien resté faire quelques photos…
Retour à la cale. Je profite d’une bonne douche chaude puis je rince le matériel. Attention, il y a un bac d’eau tempérée pour le matériel sensible et un bac d’eau chaude pour le reste du matériel. C’est pas désagréable de rincer à l’eau chaude. Bien sûr, elle arrive naturellement de la montagne à cette température, ça facilite. Puis nous nous attablons au soleil pour manger notre bento, panier-repas classique de midi du Japonais (inclus dans le forfait plongée). C’est le moment de faire un débriefing de cette plongée et d’échanger sur nos expériences de plongeurs très différentes. Puis vient le remplissage du carnet. Faute de tampon, je repars avec des signes cabalistiques exotiques qui ne dépareillent en rien mon carnet.

Je garde un très beau souvenir de ces plongées et j’y replongerai volontiers. Inconnues ou presque en France, elles ont largement de quoi plaire à tout plongeur curieux de découvrir le côté sous-marin de ce pays si extraordinairement dépaysant. Ne pas mettre la tête sous l’eau, c’est se priver de l’autre côté du miroir du voyage…


« Ten » that means « Heaven », from Keisuke Serizawa, great japanese artist (1895-1984).
When a drawing means more than its significance…

I’d like to thank Matt from Marscuba. It was only pleasure to discover these diving sites. Although diving courses and habits vary around the world, I’m always happy to see that a diving spirit is still existing all around the world. Whatever our language and origin, we can always enjoy ourselves together underwater. ありがとうございます


Retrouvez toutes les images de ces articles, plus quelques autres, dans l’album Atami – Japon.

Repost 0
Published by Homo palmus - dans Japon
commenter cet article
1 février 2009 7 01 /02 /février /2009 02:00

Fin de l’intervalle. Matt nous explique la plongée à venir. Le site s’appelle Chinsen (« bateau coulé »). C’est une barge chargée de pierres qui a coulé, il y a 20 ans, sous la force d’un typhon. Longue initialement de 85 m, elle repose en 2 parties séparées d’une quinzaine de mètres. Habituellement, ils n’ont pas la possibilité d’aller jusqu’à la poupe en raison de la consommation des plongeurs et ils se contentent de faire le tour de la moitié avant. La consigne suivante est donc donnée : une fois arrivé à la cassure, nous ne continuerons que si chacun a encore 150 bars dans son bloc. Comme ils m’ont prévenu que cette seconde immersion serait plus profonde (qui a dit « profil inversé » ?), je demande alors la profondeur. L’épave repose à 33 m. Je les informe qu’en ce qui me concerne, côté autonomie, ça devrait aller pour une visite complète…
Le trajet est aussi court que précédemment. Nous sommes 2 palanquées, mais en fait nous ne serons que nous 3 sur l’épave, l’autre palanquée, moins expérimentée, plongeant moins profond sur le récif face à la proue de l’épave. Nouvelle check-list, je n’ai rien oublié, je tiens bien mon détendeur et mon masque, ma stab est légèrement gonflée, j’ai mis mes palmes, le vent souffle dans la bonne direction, la conjoncture astrale est favorable… Mon binome-élève est consciencieux.
Plouf !

Nous descendons le long du filin qui relie la bouée du mouillage fixe au gros treuil à la proue de la barge.


L’eau me paraît plus laiteuse que sur le premier site, mais il n’y a pas lieu de se plaindre ! Nous sommes aussi quelques mètres plus bas et la lumière est un peu plus tamisée.
La colonisation de cette épave me paraît à la fois pauvre et très hétérogène. Il y a bien sur le treuil et sur le pont des parcelles d’encroûtement de gorgones, d’alcyonnaires et d’éponges, mais les individus sont de très petite taille par rapport au récif précédent.


Un peu plus loin, posé à plat sur le fond, un pan de la coque semble absolument propre et vierge de toute vie fixée.


Mon opinion change cependant en cours de progression. Le rebord des cales est beaucoup plus colonisé et des petits poissons apportent un peu de mouvement au tableau.


Côté interne de l’épave, je retrouve des représentants si souvent observés lors de la  première plongée. D’abord, dans un recoin, mais complètement découverte, une murène locale dans la posture habituelle de cet animal, gueule ouverte.

Un peu plus loin, le faisceau de mon phare révèle un scorpénidé qui se croit caché. Raté ! Il n’a pas assez bien maquillé ses nageoires pectorales développées.


Plus nous avançons et plus il me semble que la colonisation de l’épave se densifie. La faune fixée se fait plus grande aussi, et des nuées de petits poissons nous entourent.


Nous voici à la cassure. Je ne peux pas m’empêcher de penser à la cassure du Saumur que l’on franchit en suivant le câble les jours de purée de pois, à la cassure de l’Astrée qui nous a si longtemps privé de la visite de la proue, à la cassure du Bananier qui nous interdit pour le moment la découverte de la poupe…


Contrôle des pressions. C’est bon pour tous les 3, nous pouvons quitter la partie avant. Nous partons en pleine eau vers la partie arrière qu'on devine plus loin sur le côté, masse sombre à la limite de visibilité…
Repost 0
Published by Homo palmus - dans Japon
commenter cet article
26 janvier 2009 1 26 /01 /janvier /2009 13:19

Au milieu de tous ces animaux fixés, ou qui semblent l’être, vivent bien sûr d’autres animaux mobiles mais plus ou moins actifs. Certains n’ont pas une apparence très exotique, tout juste un patron un peu différent. Mais c’est normal, les us et coutumes, surtout en matière de décoration, changent d’un pays à l’autre. Par exemple, les murènes d’ici sont plutôt à motif de type écossais, ce qui, avouons-le, ne fait pas très couleur locale…


J’ai été étonné par leur abondance. Je n’ai pas précisément compté, mais sur la plongée, nous en avons croisé plus d’une dizaine. Elles n’étaient pas farouches et cachées au fond d’une cavité, mais plus souvent presque entièrement visibles ou nageant en pleine eau. Ce comportement diurne diffère nettement de celui de nos murènes catalanes.
Autre exemple de poissons finalement pas très exotiques non plus, ni de nature très nerveuse, les cousins de nos chapons et autres rascasses. Eux aussi, très nombreux, s’intègrent parfaitement au paysage récifal.


Sans éclairage, c’est bien moins facile de les repérer. Pourtant, il vaut mieux ! Tout bon plongeur ne touche à rien, ça lui évite d’abîmer les fonds et d’avoir de douloureuses surprises.
Je ne sais pas pourquoi, j’éprouve une certaine sympathie pour ces poissons qui se laissent pousser la barbe, juste ce qu’il faut, pas trop…


Je trouve que leur mimétisme frise la perfection. Le jour où Dame Nature leur donnera le moyen de maquiller les yeux, ça sera parfait.
A part ces poissons pas très originaux, qu’y a t-il d’autre ?  Hummm… Pas de banc de sars, ni de saupes au-dessus des roches, mais de temps en temps, un poisson aiguille


Difficile de les approcher, ils ne font que passer en gardant leurs distances. Cette espèce, passée par le canal de Suez, serait en pleine colonisation de la Méditerranée.
Ceux qui m’ont le plus attiré, ce sont les Tetraodontiformes. Cet ordre regroupe beaucoup de poissons aux formes peu classiques, du poisson-lune au poisson-coffre en passant par les balistes et leurs proches parents comme ce poisson-lime :


On retrouve au-dessus de sa tête l’épine caractéristique commune aux balistes.
Il y a aussi ceux qui peuvent se mettre en boule avec une chair de poule qui automatiquement leur donne la douceur de l’oursin. Je n’ai bien sûr pas provoqué cette réaction en photographiant ce petit diodon qui en réalité avait l’air de se moquer complètement de passer à la postérité…


Les motifs camouflage du diodon sont moins originaux que ceux en nid d’abeille des poissons-coffres


De morphologie encore plus étrange, ce que les anglophones appellent « cowfish » (ils aiment bien donner à des animaux marins des noms d’animaux terrestres)


Ce mignon petit poisson a une paire de cornes, une queue en pinceau, une ouverture buccale en forme de courte trompe et un encombrement stérique apparemment peu hydrodynamique. Le concept de l’optimisation évolutive semble céder la place à celui de la créativité artistique de Dame Nature.

Alors que je prenais le chemin du mouillage fixe, mon binôme m’a fait des grands signes pour partir dans la direction opposée. J’ai cru qu’il avait vu quelque chose d’intéressant à me montrer. Non, il s’était juste planté dans l’orientation et son instructeur l’a remis dans la bonne direction. Après 45 minutes à 22 m max, nous remontons au sommet d’un pinacle pour un palier de sécurité. Mon binôme est trop léger et je lui passe 2 kg pour qu’il ne reste pas accroché avec les palmes en l’air. Ils se sont inquiétés de ma conso tout au long de la plongée. Je finis avec 80 bars, comme eux. J’apprendrai qu’ils n’ont pas l’habitude de ça non plus, un plongeur qui ne siffle pas son bloc en une demi-heure à 20 m. Pourtant, je le sais, je respire comme une baleine…
Retour à la cale pour un intervalle d’une heure trente, le temps de boire, de grignoter une nourriture très équilibrée (chips, gâteaux), de profiter du soleil un peu voilé et de préparer la plongée suivante. On m’annonce une épave plus profonde...
Repost 0
Published by Homo palmus - dans Japon
commenter cet article
24 janvier 2009 6 24 /01 /janvier /2009 02:30

La pluie tombe en continu depuis plusieurs jours. Le soleil doit être allongé sur un transat sur une plage de sable doré très très loin d’ici. C’est peut-être le moment de parler d’océan lointain et d’animaux exotiques.


Puisque j’avais une petite formalité professionnelle à accomplir au Pays du Soleil Levant, je ne pouvais pas manquer l’occasion d’y tremper les palmes. Avant de partir, j’ai passé des nuits à chercher des informations, des clubs, à tenter de prendre contact. La plongée est bien développée au Japon. De la péninsule d’Izu, au sud de Tokyo, à Okinawa, très au sud de l’archipel nippon, les Japonais plongent. Mais quand on est de l’autre côté du monde et qu’on ne parle pas un mot de japonais, tout devient très compliqué car le Japonais ne parle pas anglais (ni allemand, ni espagnol, ni italien, ni français). Une seule structure m’a répondu. C’est donc avec Matt, de Marscuba (link) que je suis allé voir si les poissons avaient les yeux bridés (pour tenter de répondre à la question d’une jeune plongeuse qui se reconnaîtra). Après quelques échanges de mails pour que j’indique mes mensurations et le matériel dont j’ai besoin, rendez-vous est pris le lendemain de la fin de mon congrès. Après une heure de Shinkansen (leur tgv forcément à l’heure), j’arrive à Atami, au début de la péninsule d’Izu.


En attendant Matt, je vois des autochtones assis autour d’un bassin rectangulaire, les pieds plongés dans une eau fumante. La région est réputée pour ses très nombreuses onsen, les sources chaudes naturelles. A voir leurs chaussettes rouges, façon homard ébouillanté, quand ils sortent les pieds, ça doit être très chaud. Matt arrive dans son van et nous descendons vers… Vers ? La ville, très pentue, est un ensemble bétonné dans une petite anse entourée d’un relief escarpé. Les installations sont situées autour d’une cale, sous un pont routier. A première vue, ce n’est pas exactement enchanteur.


Autour de la cale, des bacs de rinçage, quantité de tubes qui servent de portants, des cabines de douche et des toilettes, un coin avec des dizaines de blocs, un local avec distributeur de boissons et des tables et bancs en bois de type aire de pique-nique. Un vestiaire ? Non, il fait beau et bon, on peut se changer là et laisser les affaires sur les bancs. Oui, c’est le Japon, on peut laisser ses affaires dehors à côté de la cale, personne ne viendra se servir… Au début, ça inquiète un peu, mais quand on voit que les vélos n’ont pas d’antivol… Matt me présente son stagiaire dive master avec qui nous plongerons. Il sera en exercice de guide de plongée en binôme avec moi tandis que Matt surveillera. Je présente mes documents et ils sont étonnés de mes plongées. C’est vrai que la dernière série regroupe presque exclusivement des épaves catalanes plutôt profondes pour eux. Matt me sort le matériel de location car je ne suis venu qu’avec PMT et ordi. La combi est neuve, la stab est une wing, les détendeurs sont nickels… A croire que tout ça n’a jamais servi… On s’équipe entièrement et on s’assied, bloc sur le dos, à même le pont sur un petit  bateau de pêche.


C’est aussi une spécificité locale. Les structures de plongées louent les services de pêcheurs. Les horaires de plongée sont définis (2 plongées par demi-journée avec court intervalle) et en dehors de ces heures, les pêcheurs pêchent… Pour le moment, c’est le seul endroit où je suis passé où les plongeurs et les pêcheurs ont un tel accord de bon fonctionnement.
A peine 2 minutes après la sortie du port et nous arrivons à une bouée. Ils ont aussi mis des mouillages fixes. Mon binôme fait la check-list de tout ce que je ne dois pas oublier, me dit de gonfler un peu ma stab avant de basculer, de bien tenir mon masque etc. Ok, c’est bon, je devrais m’en sortir… C’est son rôle, il apprend.
Plouf !
L’océan est à 20°C et la visi n’a pas l’air mauvaise (une bonne dizaine de mètres) malgré une eau un peu laiteuse. Nous descendons sur un relief en croissant de lune, restes d’une activité volcanique, surmonté de pinacles et traversé de nombreuses failles et petits canyons. Ce qui me surprend en premier, c’est l’abondance et les dimensions des alcyonnaires. Il y en a beaucoup et de grande taille.


Le climat (océanique tempéré) et la latitude (celle de Lampedusa) ne laissent pas penser que la faune sous-marine est tropicale. Deux semaines plus tôt je faisais ma précédente plongée sur le Saint Lucien. La différence est importante… Décidément, ce voyage est dépaysant sur terre mais aussi sous l’eau. Et je m’émerveille d’un rien, comme un oursin…


Puis un autre oursin…


Ou encore d’une anémone qu’on ne voit pas souvent en Roussillon…


Tout comme ces autres qui rappellent des dahlias :


Je peux comprendre que quelqu’un qui ne connaît rien à la faune sous-marine pense à des fleurs en voyant ces animaux carnivores coloniser la structure de ce qui était peut-être une gorgone.
Les gorgones, justement, elles, n’ont pas une allure particulièrement différente. Peut-être plus grandes, oui, plus fournies, aussi, mais le principe reste le même : ça ne bouge pas trop quand j’essaie de faire une photo !


Les photos, parlons en… Je suis comme un gamin dans un parc d’attractions naturelles où vivent des animaux extraordinaires (pour moi). Donc j’ouvre grand les yeux, je veux tout voir et j’en oublie de prendre des photos, ou alors sans prendre garde que les réglages n’ont rien à voir avec ceux de la visite du château du Bananier… Je m’en voudrai après coup quand je les regarderai. Tant pis, que ça me serve de leçon.
Autres animaux fabuleux dont j’observais l’activité en plongée de nuit en mers tropicales, les comatules :


Les bras de ces proches parents des étoiles de mer forment des bouquets colorés insérés par-ci, par-là entre les autres animaux réellement fixés au substrat. Oui, car les comatules se déplacent, bien entendu, comme… Vous ne trouvez pas qu’il manque quelque chose sur ce récif ?

Repost 0
Published by Homo palmus - dans Japon
commenter cet article

Pages