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Histoires et photos autour de mes plongées en Roussillon et ailleurs

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En attendant l’été 2014 (6)

« Citius, altius, fortius », la formule plus que centenaire est souvent reprise et adaptée. Au départ, cette expression est un encouragement à donner le meilleur de soi-même, à atteindre et dépasser ses limites sportives. Plus vite, plus haut, plus fort… C’est aussi une forme de devoir pour beaucoup d’entreprises : faire toujours plus, plus vite et mieux, ce qui signifie chercher à augmenter la marge bénéficiaire. Pour que le système fonctionne, il faut que l’acheteur soit lui aussi entraîné à consommer plus et plus vite. Et alors tout va bien, tant que l’acheteur achète. Comme inévitablement il y a des crises cycliques, c’est-à-dire des périodes où l’exploitation de l’Homme par l’Homme mène à un paradoxe économique profitable au premier et en défaveur du second, rien ne vaut un acheteur bien éduqué et bien entraîné : gestion de son manque, titillement de son désir, transformation de ses envies en besoins. Mais quand même, lorsque la crise s’accentue, ça peut atteindre des limites. Heureusement, on nous habitue à l’absence de modération et de patience. Tout doit aller très vite, tout doit être fourni très vite, rien ne peut attendre ou plutôt, il devient inconcevable d’attendre. Omnes, statimque sine sperare, voilà la devise de notre temps. Tout, tout de suite et sans attendre. Une nouvelle saison d’une série est diffusée en pleine nuit, un nouveau livre, une nouvelle console ou un nouveau smartphone est mis en vente à 00h01, c’est l’événement, il faut y être, il faut le vouloir, il faut l’avoir, il faut ! Ca ne peut pas attendre. On ne peut plus se passer des objets de notre conditionnement, de notre emprisonnement. On n’imagine pas un week-end sans connexion quelconque avec le monde entier. On imagine de plus en plus difficilement un quotidien sans le « partager ».

Chez les sars, aujourd’hui est comme hier et demain sera pareil, pour ceux qui seront encore là pour en juger. Les changements s’opèrent sur des milliers d’années, insensiblement. C’est la lenteur du rythme de vie de Dame Nature, sauf lorsqu’elle a un hoquet et qu’un truc bizarre apparaît, truc qui sera rapidement dénigré ou qui aura un succès sur le long terme.

Il y a une différence entre être réactionnaire et drogué consentant aveugle à la merci de tout. Il y a même sans doute un juste milieu. Comme on nous fait oublier la modération, que l’émotionnel prend le pas sur la raison et la réflexion un peu plus chaque jour, il ne faudra pas venir se plaindre quand la situation sera devenue insupportable.

J’ai envie de retrouver les sars, les mérous et les autres, tous les autres, sans attendre, tout de suite ! Pourtant, je vais patienter, sagement, et profiter de cette attente en attendant l’été…

 

 

 

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