Histoires et photos autour de mes plongées en Roussillon et ailleurs
Non loin de Kyoto, Nara et de leurs temples historiques ancrant le Japon dans une histoire ancienne, Osaka est neuve. Le plus étonnant, c’est son côté occidental : on y trouve des gens marchant à droite et même des gens à la limite du désagréable. On est encore à des années lumières du parisien moyen, mais après un périple du nord d’Hokkaido à Kyoto, en passant par Tokyo bien sûr, on prend vite des habitudes et cette confrontation est presque choquante. Heureusement, malgré la pluie (approche d’un autre typhon), je constate que personne ne tente de gruger des places dans la file d’attente bien rangée à l’entrée de l’aquarium. Dans le hall, j’emballe mon parapluie à 500 ¥ dans un sac plastique dédié afin qu’il ne goutte pas partout et je pénètre dans un monde où l’humidité reste confinée derrière des vitres épaisses.
Cet aquarium est conçu sur le thème de la ceinture de feu du Pacifique : sur 4 étages, des bassins de différents écosystèmes, des plus froids aux tropicaux, entourent un grand bassin central.
Commençons par le froid : la banquise. Les phoques ont leur glace et leur eau froide, à portée des visiteurs qui pourraient simplement passer les bras par-dessus la vitre pour gratouiller les animaux et qui pourtant n’en font rien : une forme de confiance qui permet une proximité.
Vu d’en dessous, l’ambiance est plus intime : lumière tamisée, décor de glace et un dôme inversé où les phoques viennent regarder de haut ces visiteurs curieux.
J’avais déjà parlé de la grosse poule de mer au physique peu esthétique, mais à la ponte appréciée des toasts (voir Dame Nature a parfois un esprit créatif étrange ).
Un bassin me rappelle les plongées dans le Saint Laurent : anémones plumeuses et grosses holothuries ventrues.
Amateur d’eaux fraîches, le requin plat-nez tourne dans un bassin occupé par un banc de petits poissons qui doivent avoir une vie un peu stressante…
Ce requin est étonnant avec sa queue hétérocerque très prononcée, son absence de grand aileron dorsal et surtout ses 7 fentes branchiales. L’ensemble lui donne un aspect très archaïque.
A proximité, dans un bassin plus haut que large, avec quelques grandes algues, 2 poissons-lunes nagent mollement. Ce bassin est particulier car à l’intérieur, une toile empêche les poissons de se frotter contre les parois.

D’habitude, on les met dans un tube éclairé et agité d’un courant d’eau. Il y a parfois une ou deux espèces, rarement plus. Ici, un effort a été fait pour montrer l’esthétique d’une collection de méduses.

Dans cet aquarium, pas de spectacle avec les mammifères marins. Les dauphins (Lagenorhynques à flancs blancs) ont leur espace qui ne me semble pas en rapport avec l’énergie qui les anime.
Ceux qui ont le plus de place, ce sont les habitants du grand bassin central (5 400 m3, soit quelque chose comme 3 piscines olympiques). A l’inverse de certains aquariums, pas de décor, rien qu’un fond de sable et des parois vitrées sur les 4 étages. On y retrouve les raies pastenagues, les raies léopards, les carangues, les mérous, les raies guitares, les requins pointe-noire, les requins nourrices, les requins-marteaux…

Et bien sûr, ce qui fait l’attraction de ce site, comme à Yokohama, les requins baleines.

C’est un rapide aperçu de cet aquarium. Il y a bien d’autres animaux, dont des plus terrestres qui aiment l’eau chaude ou très froide, avec des écailles, des plumes ou d’épaisses couches de graisse. Il y a aussi des poissons colorés aux formes bizarres. Mais tout ça, c’est très classique…
En quelques heures de visite, le promeneur fait un tour de Pacifique et prend peut-être conscience que du glacial au tropical, il y a de la vie et que toute cette vie est autour de la même eau, avec des courants qui vont et viennent d’un bord à l’autre. Le vaste océan devient une étendue délimitée où ce qui se passe à un endroit peut concerner tout le monde autour.
Trois ans après la catastrophe nucléaire, la radioactivité continue sa contamination de l’océan. C’est à un endroit sur un bord…