Histoires et photos autour de mes plongées en Roussillon et ailleurs
Vous êtes-vous jamais demandé ce que font les personnages de vos distractions favorites en dehors des moments où vous les voyez ? Que font-ils une fois rentrés chez eux, hors de la vue des observateurs ? Moi, oui, je me pose la question. La journée, nous visitons des fonds animés, vivants, plein d’animaux qui semblent parfois indifférents à notre présence. Mais j’en parlerai une prochaine fois. En fin de journée, alors que nous quittons les lieux, que deviennent-ils ? C’est cette question qui nous amène en début de soirée sur le bateau à nouveau. Mais cette fois, il est amarré au ponton. Je crois bien que c’est ma première plongée du bord depuis une embarcation… Il faut faire un saut droit de la plage arrière entre la coque du bateau d’à côté, le ponton et les amarres. Il fait nuit noire et nous passons sous le ponton pour rejoindre le récif de l’autre côté.
La nuit, la vie sous-marine change. Tandis que certains se cachent, les noctambules déambulent : c’est l’heure du casse-croûte. Pourtant, on pourrait se demander pourquoi ceux qui sont armés de piquants, sans yeux visibles, attendent l’obscurité pour sortir brouter. C’est que leur protection ne doit pas être idéale. La nuit est le meilleur moment pour observer les oursins qui sortent enfin de leurs trous.
Il y a les oursins diadèmes qui sont recouverts de longs et fins piquants.
Il y a l’oursin lance, armé de solides radioles.
Il y a encore l’oursin bonnet de prêtre, dont le nom est assez facile à comprendre. Encore plus que les précédents, il vaut mieux éviter de s’y frotter car, c’est bien connu, qui s’y frotte s’y pique, sauf qu’avec lui, en plus, c’est venimeux et ça brûle.
Dans le faisceau de la lampe, un alien nage tout près de nous.
Le calmar prend des couleurs étonnantes, presque pas naturelles.
Sur le sable entre les patates de coraux, un bernard l’ermite traîne son logement et pas moins de 6 anémones fixées dessus. Costaud l’animal !
Non loin de là, un poisson globe masqué accompagne un casque cornu.
Un Scorpaenidae a trouvé un bon emplacement. Il passe presque inaperçu. Mieux vaut être attentif.
Un poisson porc-épic est en vol stationnaire au-dessus du substrat. Sous les feux de la rampe, il ne dresse pas la moindre épine.
Les Pterois sont des rencontres nocturnes habituelles. Pourtant, cette nuit-là, nous ne croisons que quelques individus.
Une grande crevette nettoyeuse est de sortie, mais elle reste quand même dans une anfractuosité du récif. Ses pinces sont très longues par rapport à son corps, mais ses antennes sont carrément surdimensionnées.
Nous sommes de retour au ponton, dont les piles sont colonisées par des coraux de petite taille, mais nombreux, laissant présager une intégration de la construction dans le paysage sous-marin. Plusieurs poissons-flûtes naviguent autour de nous. Je ne sais pas si c’est le flash, ou s’il n’a pas détecté l’oursin diadème, mais celui-là passe la tête entre les longs piquants.
Tout ça n’a pas répondu à ma question : que font ceux qui animent nos immersions diurnes ? Nous avons vu quelques individus cachés, dormant entre des branches de corail.
Une fois de plus, pour observer la vie sous-marine, il faut aussi aller voir ce qui se passe la nuit, lorsque presque tous les touristes sont partis.