Histoires et photos autour de mes plongées en Roussillon et ailleurs
Plus profonde et plus vieille d’une guerre, l’épave du Togo baigne dans une ambiance un peu différente de celle du Donator ou du Grec. La lumière est plus tamisée et l’épave prend un aspect plus massif. C’était ce que j’avais ressenti lors de la précédente visite en descendant face à l’étrave (voir Escapade varoise. Episode 2 : le Togo ).
Retour à la même place, ou presque. Le Togo repose lui aussi bien droit sur sa quille. La perspective, réduite par la luminosité, ne laisse pas indifférent.
Le bout de balisage qui nous a conduit à la proue est fixé sur une ancre à jas plantée dans le navire. Une autre est posée à plat à côté.
Avec un peu d’éclairage, la vue s’anime d’une nuée d’anthias colorés.
Sous un autre angle, la proue apparaît chevelue : sur certaines parties, l’épave est recouverte de gorgones.
Le tour de la cale avant s’est un peu affaissé. Plus de mât de charge, mais l’ensemble demeure bien conservé, d’un seul tenant.
A l’approche du château et de ses coursives, les gorgones buissonnantes changent les formes des structures saillantes.

Epave en mer tropicale couverte de coraux et entourée de bancs de poissons colorés ? Non, Togo, Méditerranée, anthias et gorgones rouges.
Le long des coursives, presque tous les bossoirs sont encore en place. Ils forment des supports exposés au moindre courant. C’est une situation très favorable pour les gorgones.

Le château me fait penser à celui de l’Astrée, mais en bien meilleur état alors qu’il a 26 ans de plus au fond : des coursives encore préservées, des bossoirs dressés et, au milieu, un niveau de château en bon état.
Après une descente à la cassure et une remontée en longeant l’épave, nous regagnons la proue pour entamer la lente remontée.

La densité de poissons est certes moindre que sur les épaves des jours précédents, mais l’ambiance est différente. La partie principale me laisse une impression massive.
Ici aussi, nous visitons une épave propre qui a sauté sur une mine mais qui semble avoir coulé tranquillement, sans désordre. La colonisation est remarquable et nous n’avons vu aucun signe laissant penser qu’elle est dérangée ou maltraitée. Encore un exemple d’un vestige historique très fréquenté, bien conservé (bientôt un siècle de vie d’épave !) et devenu un très beau récif artificiel. Encore un exemple pour alimenter l’argumentation à développer pour les épaves catalanes…