Histoires et photos autour de mes plongées en Roussillon et ailleurs
Après les cargos, nous faisons une dernière plongée sur la petite épave du contre-torpilleur l’Espingole (voir Escapade varoise. Episode 1 : l’Espingole ). Ce bâtiment, à l’allure de gros cigare, a eu une très courte vie et repose depuis 111 ans par 39 m de fond.
Le survol de l’épave montre que la silhouette allongée est encore grossièrement conservée, même si l’état général est très dégradé.
Difficile au premier coup d’œil d’identifier les parties classiques d’une épave de bateau : une proue, des membrures, des ponts, un château, des cales, une poupe… Ce qui est visible ressemble à une carcasse métallique pleine.
En partant d’un côté, on doit nécessairement arriver à une extrémité, la proue ou la poupe. Et effectivement, voici les vestiges de la proue très effilée.
Elle est couchée sur tribord et les membrures encore conservées font penser à une sorte de nasse cassée dans laquelle peut passer un plongeur.
Les deux chaudières et leur machinerie semblent bien massives sur un tel bâtiment d’allure sportive.

Autour sont éparpillées des briques de combustible.
La faune n’a rien à voir avec celle des cargos : pas de couverture de gorgones, pas de profusion d’anthias, pas de grands bancs tournoyant autour des structures. Toutefois, des murènes et des mérous fréquentent le site.

La grosse chaîne qui traîne au fond rappelle les tentatives pour renflouer l’épave.
Tout comme la proue, la poupe est en très mauvais état. Une partie de ce qui devait être le mécanisme de direction est encore dressé.
La poupe conserve un semblant de forme.
L’hélice bâbord dépasse toujours du sable.
Il est temps de remonter. Tout le monde fait ses paliers tranquillement, les jeunes d’un côté, les « moins jeunes » de l’autre ![]()

C’était la dernière visite de ce week-end prolongé, une explo très différente des précédentes. On peut regretter le manque de vie foisonnante et les dimensions modestes de l’épave rendue à l’état de squelette de navire. Evidemment, à côté d’un Donator, l’Espingole n’a pas les mêmes charmes. Toutefois, c’est un vestige d’un type de navire très particulier. Et c'est encore un vestige libre de tout filet cassé...