Histoires et photos autour de mes plongées en Roussillon et ailleurs
Après une très longue trêve hivernale, l’Ariégeois est redescendu de sa montagne avec son pelage d’hiver. Il était attendu par les habitués qui auraient aimé qu’il soit là plus tôt et avec son nouveau bimoteur-tout-confort. Mais la bête (pas l’Ariégeois, le bimoteur) a encore besoin d’un peu de préparation pour prendre son service. Ce samedi matin, c’est donc encore le Belize qui était à quai pour embarquer des amateurs d’épaves.
Beau temps, mer calme. Le Canigou enneigé en toile de fond, nous partons pour l’Alice Robert.
La température est fraîche pour la saison, tout juste 12°C. L’eau est un peu laiteuse, baignant l’épave dans une brume bleu-vert peu épaisse sur la partie avant du Bananier.
Sur le canon à bâbord, une langouste a pris ses habitudes depuis quelques semaines.
Le solide câble qui écrasait le château a bougé. Peut-être qu’en l’affaissant, il s’est trouvé moins tendu et qu’il s’est déplacé. Les dégâts sont importants : coursive écrasée, atelier proche de l’écroulement et tourelle portant le double canon penchant sur tribord.

L’accès à la cuisine est bloqué sur bâbord à la suite de la dégradation de l’extrémité de la coursive.
C’est tout ce côté qui s’écroule vers l’intérieur. Des deux bossoirs qui étaient encore dressés, celui qui est le plus en arrière est courbé sur son pont effondré. L’autre bossoir n’est pas encore affecté.
Heureusement, le mât est toujours là. Toutefois, le pont autour de la deuxième cale s’est écroulé côté bâbord.
Nous remontons le long de cette grande flèche. Au sommet, une grosse huître est complètement couverte d’anémones bijoux éclatantes.
Les dégradations subies cet hiver par la vénérable épave de l’Alice Robert sont très importantes. L’épave est devenue plus que jamais extrêmement fragile en bien des endroits. Sachant la fréquence élevée à laquelle les pêcheurs cassent leurs filets chaque année, je crains que 2013 s’annonce comme une année difficile pour le Bananier…