Histoires et photos autour de mes plongées en Roussillon et ailleurs
Episode 1 : l’hiver au printemps
L’hiver joue les prolongations. La température de l’eau est inférieure de 2°C à celle que nous devrions avoir en ce matin au-dessus de l’Alice Robert. La descente le long du bout de balisage se fait à travers une eau bleue sans thermocline. C’est l’avantage de la période hivernale durant laquelle les couches d’eau se mélangent. Ce matin-là, les bonnes conditions des 20 premiers mètres se poursuivent jusque sur l’épave. Nous nous trouvons donc dans des conditions idéales pour évaluer toutes les dégradations infligées à l’épave durant ce long hiver.
Comme l’an dernier, le bout conduit à côté de la tourelle portant le double canon de 37 mm.
Ce secteur a été profondément modifié à la fin de l’hiver théorique (en mars). Les coursives de part et d’autre ont souffert. L’extrémité de la coursive bâbord s’est totalement effondrée tandis que celle de la coursive tribord est à un stade d’écroulement intermédiaire : séparée de la base de la tourelle, elle penche dangereusement sur tribord. Son effondrement complet ne tardera pas.

Comme les claires-voies entre la tourelle et l’atelier ont disparu depuis quelques années, le double canon se retrouve perché sur une tourelle surplombant la cuisine, le tout formant un monument érigé au-dessus du pont principal.
Autour, d’autres dégâts sont observables. L’atelier est en mauvais état. Il penche sur bâbord.
Le bossoir le plus sur l’arrière sur bâbord a été entraîné par le mouvement d’effondrement de l’épave sur elle-même. Il est donc à présent couché alors que son bossoir binôme est toujours en bonne position.
Du côté de la cassure, rien de flagrant. Le canon de 105 mm pointe toujours vers la surface et la cassure ne semble pas avoir subi de dégradation.

Le château ressemble de plus en plus à un empilement de tôles. Le câble passant sur la base de la cheminée l’a sciée et il menace à présent les petites citernes ainsi qu’un support de mitrailleuse.
La tôle qui matérialisait l’angle bâbord depuis de nombreuses années est tombée.


Le mouvement d’effondrement selon l’axe du navire est bien visible. Celui-ci concerne également la cale entre le château et le mât. Le pont est tombé sur l’entrepont sur toute la largeur du navire.

Heureusement, le mouvement s’arrête, pour le moment, à la ligne constituée par les deux tourelles et le mât. Au-delà en direction de la proue, il n’y a pas de changements notables.



Une plongée est bien courte dans ces conditions. Rendez-vous est pris pour le lendemain.