Histoires et photos autour de mes plongées en Roussillon et ailleurs
Episode 3 : bloom ?
En surface, la météo nous dit que l’hiver résiste : record de froid battu, grisaille, sérieux clapot. Dès les premiers mètres sous la surface, tout se calme et nous descendons dans le grand… Vert. Fini le bleu, parti le bleu des jours précédents ! L’eau est verte, chargée de particules microscopiques : est-ce le bloom printanier en retard ? En tout cas, tout est vert et sur le Saumur, c’est même plutôt vert foncé.
Le bout nous conduit sur le château. Un petit tour rapide, le temps de survoler la salle de bain, et nous gagnons la cassure.

Le pont avant, endommagé par le torpillage, avait une tendance à l’écroulement de la cale au bord de la large cassure. Cet hiver, c’est toute cette cale qui s’est aplatie sur elle-même en un mouvement comparable à celui du Saint Lucien, il y a déjà longtemps ou encore à celui amorcé sur l’Alice Robert. La position des taquets le long du bastingage donne une idée de l’événement.
En survolant cette cale, on arrive en contrebas des treuils qui actionnaient les mâts de charge. L’effondrement s’arrête à cet endroit.

Sur le gaillard d’avant, rien n’a changé, heureusement. La mitrailleuse est sur sa tourelle.
L’arme tourne encore sur son support, mais il faudrait que les plongeurs la bougent plus souvent car il me semble qu’elle coince un peu plus qu’avant.
Nous voici enfin à la proue. Le guindeau, les chaînes figées dans les écubiers, rien n’a changé.

Comme sur l’Alice Robert auparavant, l’ambiance est fantomatique. Mais ce matin, le canon posé sur la tourelle bâbord du gaillard d’avant disparaît presque totalement, beaucoup plus que le canon de 105 mm du Bananier la veille.
Est-ce vraiment le printemps ? Est-ce vraiment le plancton qui s’est lancé dans une reproduction frénétique comme chaque année, mais avec un peu de retard ? En 3 jours, nous sommes passés du bleu d’une eau peu chargée au vert d’une eau teintée plus que chargée tant les corpuscules donnant cette impression sont fins.
Deux jours plus tard, en remontant du Saumur, on avait du mal à se voir au palier…