Histoires et photos autour de mes plongées en Roussillon et ailleurs
C’était l’avant-veille de l’été sur le calendrier, mais déjà l’été en réalité. La météo était en avance et les prévisionnistes, comme souvent très bons lecteurs de leurs boules de cristal, annonçaient une saison caniculaire et les pires restrictions d’eau…
Quel plaisir de se diriger vers l’épave du matin sur une mer calme sous un ciel bleu ! Arrivés sur site, nous assistons aux largages parfois acrobatiques de plongeurs par un bateau qui nous a devancés de très peu. Ayant vu l’aisance et la grâce des plongeurs lors de leur mise à l’eau, on peut raisonnablement s’attendre à des petits soucis à la descente, au fond et à la remontée, surtout si les conditions d’explo sont un peu difficiles. C’est donc en connaissance de cause que nous nous mettons à l’eau à notre tour.
C’est un bon jour : à un peu plus de 20 m, nous voyons le haut du château complètement dégagé !
Alors que nous terminons notre descente, les palanquées larguées avant nous sont déjà en en train de visiter l’épave.
A mesure que nous descendons au niveau du pont, la visi semble se dégrader par endroits.
Une explication à ce changement très localisé et rapide nous est apportée par une palanquée de marathoniens qui nous croise.
On voit bien les panaches de touille remuée s’élever à intervalles réguliers derrière les palmes.
La situation dans la coursive tribord s’est fortement dégradée. Il y a eu passage d’une harde de sangliers.
Restant donc à l’extérieur des coursives, nous gagnons l’angle tribord avant du château. Un peu avant, nous retrouvons les sangliers laissant derrière eux les nuages crasseux de la vase soulevée.
A l’extrémité des structures, un sar tambour isolé ne s’attarde pas et s’éloigne rapidement.
Il faut du temps pour que les particules remises en suspension se redépose. Si les petits groupes de suidés répartis sur tout le château ne se suivent pas de trop près, la visi s’améliore.
Il vaut mieux leur laisser de l’avance.
Le mieux, c’est lorsqu’ils restent eux aussi à l’extérieur des coursives.
Les traces du passage sont visibles. La situation habituelle est inversée : la visi est meilleure quelques mètres plus bas, ce qui arrive extrêmement rarement. Ainsi, la cassure au ras du château est visible alors que les structures métalliques effondrées au-dessus sont encore dans un certain brouillard.
Heureusement, le troupeau regagne le bout de balisage.
C’est très bien, qu’ils libèrent l’épave ! Il nous reste un peu de temps pour en profiter, seuls, un peu égoïstement certes, mais tellement plus agréablement !...