Histoires et photos autour de mes plongées en Roussillon et ailleurs
Dans moins d’un mois, nous serons officiellement en hiver. Pour nombre de plongeurs, le matériel va sécher, l’intervalle de surface va se prolonger et le néoprène va rétrécir. Les feuilles tombent et peut-être que bientôt la neige arrivera, recouvrant les paysages et les plongeant dans une sorte de sommeil blanc. Sommeil, calme, silence, tout comme les pensées sous la surface, l’hiver évoque ces mots.
Mais en cette période pré-hivernale, une effervescence commerciale cyclique agite pas mal de monde. Ce n’est pas tout : certains s’agitent encore plus que d’autres pour avoir encore plus que les autres. De la fièvre consumériste à la surchauffe mentale, il y a ce même besoin compulsif : avoir, posséder, détenir… En ce moment, à longueur de journée, les médias s’activent sur le combat de coqs politiques pour la possession de dizaines ou centaines de milliers d’esprits d’électeurs. Mais ça tourne mal. Malgré tous les coups bas, chacun a du mal à écrabouiller l’autre. Cette désolante guéguerre d’un ridicule qui pourrait être clownesque, s’il n’était pas nauséabond, a le mérite de révéler l’absence de moralité des belligérants. Leur pugilat les conduit à l’autodestruction, pour un observateur extérieur non concerné par les faux enjeux officiels de la bagarre. Regardons ce qui se passe dans la nature. Dans un banc de saupes, voit-on la lutte entre 2 poissons pour savoir de quel côté aller ? Non, tous suivent la direction générale. Dans un banc de sardines ? Pareil. Dans un banc, pardon, un troupeau de moutons ? Pareil : un donne le sens et tous suivent. Braves moutons… Alors dans un parti politique, quand ça tire à hue et à dia, les moutons ont du mal à savoir quoi faire. Ils ont pourtant payé pour ça, ils ont acheté une carte, ils écoutent et applaudissent leur gourou. Là, rien ne va plus : les candidats grand-gourou sautillent dans tous les sens et plus personne ne sait à quel saint se vouer. Les arrivistes affamés les plus audacieux misent sur l’un des coqs tandis que les arrivistes les plus prudents attendent sur la réserve. Et les moutons dans tout ça ? Certains changent de secte et vont vouer leur âme à un autre gourou ou à une diablesse, dans l’espoir de retrouver l’apparente réconfortante sécurité de la pensée téléguidée.
Au milieu des castagnoles dans tous les sens, les corbs sont entre eux en petits groupes. Les dorades vont et viennent à leur gré, tout comme les sars et les sargues. Un mérou solitaire s’est installé là pour un instant, apparemment indifférent à l’agitation de tous les autres. J’aime bien les mérous. Je leur trouve beaucoup de traits comportementaux très intéressants. Je vais méditer là-dessus, en attendant l’été.