Histoires et photos autour de mes plongées en Roussillon et ailleurs
Tout n’est pas qu’horreur, crime, monstres et cadavres sous la surface (voir link) !
Avec le retour des beaux jours et les températures qui augmentent, la vie regagne en activité. Parmi les dépenses énergétiques prioritaires, il y a la reproduction. Même si l’hiver a eu beaucoup de mal à partir cette année, le rituel immuable s’est réalisé. Le plongeur qui s’immerge assez régulièrement est alors témoin des différentes étapes d’une chronologie propre à chaque espèce, certaines étant précoces, d’autres bien plus tardives (voir Cycle de vie et C’est la Nature ).
Chez les nudibranches, les enlacements pour l’accouplement sont serrés et tête-bêche, le tout dans une agitation très très très mesurée. Ils prennent leur temps pour bien se mettre en position, comme ces Diaphorodoris luteocincta étaient en train de le faire lors de notre passage.
Les pontes des nudibranches varient selon l’espèce. Les flabellines et les hervia entortillent de fins chapelets sur leur source de nourriture (logique, c’est le meilleur endroit pour faire des rencontres et profiter de l’occasion). Les doris géants et les doris dalmatiens font des rosettes sur le substrat. Vus de près, ces rubans assez larges sont constitués de milliers d’œufs minuscules.
Chez les mollusques, certains font ça en groupe, comme l’Hexaplex trunculus (sorte de murex).
La ponte peut être effectuée par plusieurs dizaines d’individus simultanément, ce quiconduit à la formation de paquets de logettes à l’apparence de polystyrène.
Au mois d’août, les castagnoles juvéniles forment des petits bancs nuageux à l’apparence désorganisée. Leur livrée striée de bleu électrique tranche complètement avec les couleurs habituellement observées parmi les autres poissons de la région. Progressivement, en quelques semaines, les jeunes vont grandir et perdre ce joli bleu pour devenir marron foncé.
La belle saison est aussi le bon moment pour se développer et prendre des forces avant l’hiver suivant (à condition de ne pas se faire croquer avant…). Parmi les prédateurs redoutables et redoutés (par les animaux marins), la murène est emblématique. Mais avant de devenir une belle bête à la gueule garnie de dents très pointues, elle a d’abord une vie larvaire assez longue précédant sa vie d’animal tel que nous le connaissons. Au détour d’une patate de coralligène, nous avons croisé cette toute jeune murène à peine plus grosse qu’un pouce, mais qui claquait déjà de la mâchoire comme une grande ! Espérons qu’elle est toujours en pleine forme.