Histoires et photos autour de mes plongées en Roussillon et ailleurs
La Méditerranée est souvent considérée à tort comme une mer tranquille, cette eau bleue des vacances estivales. En comparaison avec l’océan, elle me semble parfois plus susceptible et caractérielle. Beaucoup d’épaves qui ne sont pas dues qu’à la folie des hommes sont là pour en témoigner. Contre les éléments, on ne peut pas toujours gagner, d’autant plus lorsque la mécanique s’en mêle. C’est un peu ce qui est arrivé au Bazan, navire à voile et vapeur chargé de barriques de vin, qui s’est échoué au pied du Cap Béar quelques jours avant Noël 1917. Disloqué par la tempête, qu’est devenu ce cargo de 60 m de long ?
Le navire est venu se coucher sur tribord sur une grosse roche au pied de la falaise. Les vestiges sont visibles dès le premier mètre sous la surface.
Un fragment se trouve d’un côté de la roche tandis que les plus gros morceaux sont de l’autre.
De nombreuses pièces métalliques sont éparpillées sur une vaste zone entre la surface et une quinzaine de mètres.
Un étrange millefeuille de métal, coincé et ensablé le long d’une paroi rocheuse, pose question quant au procédé de mise en place et de compression.
Le vilebrequin et une bielle ont donné à l’épave son surnom « d’arbre à cames »
En suivant la pente, des restes de membrures reposent à plat sur le fond.
Enfin, vers 13 m, la chaudière apparait. Elle est encore en très bon état. Sa position et les rochers qui semblent la caler suggèrent qu’elle a roulé jusqu’à cet endroit, probablement au cours des tempêtes à partir d’un état de démembrement avancé du navire.
Presque un siècle s’est écoulé et aujourd’hui, les traces de ce navire s’estompent. Pourtant, il en reste encore assez pour se souvenir de ce que certains ont surnommé « l’arbre à cames ».