Histoires et photos autour de mes plongées en Roussillon et ailleurs
Couleurs
T’as d’beaux yeux tu sais ? Les yeux des animaux marins sont parfois étonnants. Seiche, poulpe et calmar, bien que proches parents, ont des yeux différents (voir La seiche ) et sont des pros du maquillage coloré. Notre ami le mérou brun Epinephelus marginatus aurait-il les yeux bleus ? Mettrait-il un peu de rose sur ses grosses lèvres lippues et d’orange sur sa nageoire dorsale ? Et toutes ces taches claires ? Serait-il vraiment brun ?
Tout cela change selon l’individu et surtout selon le paparazzi qui le traque. En effet, selon le matériel photo, le rendu des couleurs est très variable. Mais au fait, comment peut-on être certain de révéler les bonnes couleurs ? Dans l’univers de bleus et de verts, nombreux sont les animaux avec du jaune, de l’orange ou du rouge. Lorsque l’on photographie avec un flash ou un phare, le rendu peut être très différent. On peut ensuite facilement faire des retouches. Mais comment savoir à quoi s’en tenir sachant que nous avons figé l’image de l’animal avec un éclairage artificiel ? Comment peut-on définir une « valable » gamme chromatique ?
La couleur n’est pas véritablement une propriété de l’objet car elle varie selon les conditions. Pourquoi ne pas alors profiter de ce biais d’interprétation pour s’exprimer artistiquement ? Andy Warhol n’a pas, à ma connaissance, exercé sa technique sur le mérou brun. C’est peut-être dommage.
Ce qui est flagrant, c’est que parfois, l’animal sous les feux de la rampe n’apprécie pas trop. D’ailleurs, nous-mêmes n’apprécions pas toujours des flashs répétés en pleine poire. Cela est donc aussi très variable selon l’individu et une petite observation après le choc lumineux peut aider à savoir si l’animal exprime son mécontentement. Dans ce cas, soyons sympas, évitons de faire les paparazzi envahissants.