Histoires et photos autour de mes plongées en Roussillon et ailleurs
C’est le printemps, le retour des beaux jours et des bonnes conditions. Malheureusement, par une désastreuse fatalité, chaque année le week-end de Pâques tombe au printemps. Et ça, c’est une calamité. En effet, comme on l’entend dire, on voit rarement un Pâques beau (subtil jeu de mots qui masque à peine un rictus de déprime crispée chez le plongeur pascal). Malgré tout, le plongeur nitro-dépendant ne peut pas ne pas se mettre à l’eau, même quand c’est l’hiver au printemps.
Episode 1 : un samedi matin dans le vent
Malgré un réveil trop matinal pour un samedi, la tram s’est levée bien avant nous. Il faut oublier la sortie sur épave. Nous nous réfugions à Sainte Catherine. L’eau est fraîche (11°C) et la visi n’est pas celle des grands jours.
Le coralligène me paraît vide de ses occupants habituels. Est-ce qu’il fait encore trop froid ? Mais, même en haute saison, ce coin me semble bien moins densément habité d’année en année.
En cherchant bien, on finit par tomber sur une petite langouste.
On ne s’attarde pas et 45 min plus tard, nous regagnons le bateau. On verra demain, la tram devrait se calmer. Heureusement, car force 9 en rafales, c’est déjà pas mal.
Episode 2 : au pays des céphalopodes
Ca ne donne pas envie de se mettre à l’eau ?
Dimanche de Pâques. Ca bouchonne à Collioure, comme tout le temps, pour une raison que j’ignore. Mais nous, nous sommes tranquilles à l’anse de l’Huile et c’est très bien !
A peine avons-nous commencé le survol de l’herbier de posidonies, que nous tombons nez à nez, ou plutôt masque à tentacules, avec un couple de céphalopodes. Peut-être même les avons-nous dérangés, d’où la première réaction un peu froide.
La plus grosse des deux seiches a une blessure sur le côté.
La plus petite, qui la suit et qui reste toujours un peu en retrait, change sans cesse sa livrée.
Son mimétisme est meilleur :
Un peu plus loin, nous croisons un autre individu qui réagit également avec une certaine défiance. Peut-être est-ce un malheureux éconduit qui est donc de mauvaise humeur ?
Sur le coralligène, un autre céphalopode semble de mauvais poil. Il se grandit au maximum et vire au blanc verdâtre. Qu’ont-ils tous ce matin ? C’est le changement d’heure ?
Une dernière photo du poulpe grognon et nous poursuivons.
Seiches, poulpe, calamars ? Non, nous ne croisons pas d’autres plongeurs, mais François trouve une ponte accrochée au plafond d’une toute petite cavité.
Sur le chemin du retour, voici une autre seiche ! Celle-là au moins nous fait les yeux doux, c’est-à-dire qu’elle a le ventre qui chatoie, les tentacules sont repliés.
Elle n’est peut-être pas très rassurée quand même : quelques aspérités pointent.
On abuse peut-être un peu nous aussi.
Nous la laissons là et regagnons la plage toujours déserte. Après un peu plus d’une heure dans une eau aussi fraîche que la veille, j’ai encore tous mes orteils et mes doigts. Le ciel est bleu, il fait très doux. Une soupe de poissons bien chaude attend à la maison. Une soupe de poissons, sans la moindre trace de céphalopode. Alors, pourquoi nous ont-ils tous fait la tête ce matin ? Moi, je ne mange pas ces animaux, mais François… François ! Tu as encore pensé gastronomie pendant la plongée !? Ils l’ont senti ! Grand gourmand, va ! Voilà un effet pervers méconnu du changement d’heure…