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Histoires et photos autour de mes plongées en Roussillon et ailleurs

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En attendant l’été 2013 (4)

 

Marin, Tramontane, re-marin, re-Tramontane… C’est une habitude dans le Roussillon : la météo est gouvernée par ces vents soufflant dans des directions opposées. Chaque année, quelques épisodes tempétueux hivernaux un peu plus forts que les autres déplacent les plages, dans un sens ou dans l’autre. Mais depuis quelques semaines, ces vents alternent brutalement en s’exprimant violemment. Chaque séquence venteuse est suivie d’une autre tout aussi tempétueuse. Au nord du pays, l’hiver est revenu alors qu’on ne l’attendait plus. Il est passé sans ménagement en déposant une belle couche de neige comme il n’y en avait pas eu depuis des lustres dans ces régions. Ici, il a plu, replu, rereplu, comme d’habitude et étrangement nous avons eu plusieurs jours d’affilée de temps relativement beau, printanier, sans la moindre incontinence divine. Moi je vous le demande : c’est quoi ce bord… cirque ?!?!

Dans les eaux troubles, les poissons sont invisibles, à moins qu’ils viennent se cogner dans la vitre du masque. Sous d’autres latitudes, alors que la visi est bonne, on peut juger de l’ordre, de la précision de l’organisation de milliers d’individus agissant en une fraction de seconde en parfaite coordination. Quand on pense au bazar quotidien dans les transports franciliens (routes, rails divers, aéroports), ça laisse songeur. Comme quoi, malgré tous ces moyens de communication de plus en plus rapides et développés qui s’insinuent partout dans notre univers individualiste… Les poissons, ces bêtes animaux même pas capables de twitter ou de jouer avec la dernière console, savent fonctionner ensemble, en nombre. Impression soudaine que notre monde est un énorme cirque définitivement indébrouillable. Le chaos n’a pas fini de s’en donner à cœur joie. Et même, on lui donne la main à coups de gaz à effet de serre, de polluants industriels, de consommation à outrance, de faiblesse d’esprit face à la pression purement commerciale, etc.

Mettre la tête sous l’eau, aller voir comment se passent les choses et voir que ça semble encore fonctionner dans l’équilibre instable naturel, ça a quelque chose de rassurant. En même temps, ça fait ressortir nos lacunes, nos travers, nos pertes. Finalement, il est sain de plonger. En doutais-je ? Pas du tout ! C’est pour ça que je vais m’empresser d’y retourner, en attendant l’été…

 

 

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