Histoires et photos autour de mes plongées en Roussillon et ailleurs
L’épave de l’Alice Robert est éloignée de la côte. Posée sur un fond de sable et gravier sans relief, c’est un récif artificiel d’un peu plus d’une douzaine de mètres de haut, si on ne compte pas le mât. Les plongeurs qui visitent l’épave peuvent avoir de multiples motivations : formation, recherche d’un coup d’azote sous pression pour voir des sirènes (ou un magnum de champagne), intérêt pour l’histoire, plaisir de se retrouver dans des ambiances parfois glauques…
Lorsqu’ils descendent sur l’épave et que la visi est relativement bonne, que trouvent-ils ? Les structures d’acier corrodé et encroûté se dressent dans un silence seulement troublé par le bruit des bulles. Rien ne bouge, tout semble figé.
Seulement quelques petits poissons croisent dans les parages, se tenant à bonne distance des visiteurs.
N’y aurait-il que si peu de vie sur cette épave ?
Le plongeur, comme le poisson, doit se méfier des pêcheurs. Ceux-ci, simples amateurs ou professionnels, mouillent leurs lignes et leurs filets le plus près possible de ce récif artificiel, c’est-à-dire au-dessus. Bien sûr, régulièrement, les filets cassent et restent sur l’épave. Désormais inutiles, ces déchets si mal biodégradables demeurent des pièges pour les visiteurs comme pour les habitants. Heureusement, ces derniers ont sans doute appris à être prudents et à ne pas se laisser prendre.
Et que penser de cette habitante qui a fait son matelas de ces déchets ? J’imagine l’animal posant ainsi pour dire « continuez à répandre vos déchets mortels, on résiste ! »
Alors, si les poissons s’écartent des visiteurs et les filets, où sont-ils ? Les lieux de rendez-vous varient. Le mât en est un assez régulièrement. De bas en haut, les poissons tournent autour.
Parfois à la proue ou sur les tourelles, les rassemblements donnent de la vie, du mouvement.
Enfin, ils sont parfois si nombreux qu’ils gêneraient presque la visite en masquant l’épave. C’est à se demander si ce n’est pas volontaire…
Et quand ils restent au-dessus de la mer de brouillard, les habitants participent pleinement à l’ambiance si particulière de la visite de l’Alice Robert.
Quel plaisir d’évoluer dans ces bancs de poissons ! Le navire endormi est entouré d’une vie bouillonnante.