Histoires et photos autour de mes plongées en Roussillon et ailleurs
Qu’ils sont beaux ces nudibranches avec leurs couleurs vives et leurs papilles sur le dos ! Mais Dame Nature ne s’est pas amusée rien que pour le plaisir des photographes amateurs de macro. Les éolidiens, comme par exemple les flabellines, ont dans leurs papilles des extensions de leur système digestif. Et dans ces diverticules, ils stockent des armes et des munitions.
Ces nudibranches ont l’habitude de se nourrir d’aliments épicés : des cnidaires. Ces derniers pratiquent la pêche au harpon à l’aide de cellules spécialisées, les cnidoblastes, contenant ces harpons ainsi que le produit venimeux allant avec. Lorsque les cnidoblastes sont effleurés, ils déchargent leur harpon venimeux. Le baigneur en fait l’expérience lorsqu’il câline une méduse. Le nudibranche, lui, a des techniques non seulement pour s’en protéger à l’extérieur (alors qu’il met le pied dans le plat lorsqu’il mange), mais aussi à l’intérieur après avoir englouti des morceaux de cnidaire. Et ce n’est pas tout. L’éolidien a la digestion bien organisée. Il va trier les cellules de sa proie et conserver les cnidoblastes les plus puissants. Ceux-ci sont stockés dans les diverticules digestifs dans les papilles sur le dos du nudibranche. Ainsi, lorsque l’animal est inquiété, il utilise les armes et les munitions fournies par ses proies pour sa propre défense.
Heureusement pour les amateurs de chair de nudibranche, l’efficacité n’est pas totale.
Notons qu’il existe un très beau nudibranche amateur de certaines méduses dangereuses pour l’Homme. Le contact avec ce petit animal de quelques centimètres peut être extrêmement douloureux, voire mortel. Mais pas d’inquiétude, Glaucus atlanticus ne vit qu’en surface dans toutes les mers et océans tempérés, dont l’Atlantique et la Méditerranée…