Histoires et photos autour de mes plongées en Roussillon et ailleurs
Quel plaisir de retrouver le chemin des vieilles connaissances rouillées et un brin mystérieuses ! Nous voilà sur une mer belle, sous un ciel bleu avec au loin un Canigou au sommet tout blanc.
Une fois à l’eau, ça change : on ne se voit pas les palmes. Plus bas, dans la zone des 20 m, ça s’éclaircit un peu, avant de s’assombrir à l’approche de la tôle.
Sur l’épave, il fait ce noir d’encre que nous ne rencontrons que rarement. La lumière des phares peine à percer cette obscurité si épaisse d’une eau très chargée en particules.
A la remontée, François profite du passage dans la zone des 20 m pour préparer le parachute. Au moins, à ce moment-là, il peut voir ce qu’il fait…
… Parce que plus haut, au palier, la soupe est plus épaisse.
Malgré cela, nous y retournons le lendemain matin. Mêmes conditions en surface, mêmes conditions à la mise à l’eau, mais meilleures conditions au fond. Bien sûr, c’est très relatif. En même temps, il aurait été difficile de trouver pire que la veille !
Commence alors une visite de l’épave en mode macro.
Première constatation : le canon du double 37 mm qui avait été dénudé l’an dernier est à nouveau colonisé. La vie reprend son droit sur ce tube d’acier corrodé. Nous voyons ce qui est presque la première étape de l’encroûtement.
En traversant le château, on constate que le cerclage de la cheminée s’ouvre petit à petit. Nous gagnons la base du mât en longeant le mât de charge écroulé et de là, les tourelles des mitrailleuses de 37 mm. Un œil sur les munitions disparaissant sous la vie fixée et nous montons sur la tourelle bâbord.
Cette visite qui nous oblige à rester le nez collé à l’épave a le mérite de nous focaliser sur ce qui en fait un récif artificiel. Faute de gorgones blanches pour se développer, l’alcyon encroûtant utilise les vestiges comme support.
Sur le côté du canon, une langouste à adopté un petit renfoncement. Elle ne semble pas perturbée par la lumière artificielle qui la révèle.
Changement de tourelle et de canon de 37 mm. Le cérianthe qui habite sur le support du canon est tout ouvert. Il profite peut-être de la concentration élevée en particules ?
Par contre, les anémones bijoux qui recouvrent une grande partie de la tourelle et du canon sont fermées sur elles-mêmes. Auraient-elles déjà trop mangé ?
La remontée est entamée le long du mât, très lentement pour profiter de toute la vie qui s’y développe. Au sommet, Catherine et François observent un minuscule crabe caché dans une coquille d’huître couverte d’anémones bijoux. Puis, en quelques mètres, nous perdons de vue cette emblématique pièce de l’épave et nous retrouvons le grand vert, puis la soupe verte, puis le ciel bleu.
Conditions difficiles, mais grand plaisir d’avoir rendu visite au Bananier après une si longue période. Vivement qu’on y retourne !