Histoires et photos autour de mes plongées en Roussillon et ailleurs
La veille, la visi était très correcte. C’est le jour où mon caisson a décidé de prendre l’eau dès les premiers mètres. Pas de dommages, mais pas de photo non plus. Le lendemain, malgré un nettoyage minutieux et le remplacement des pièces responsables, le caisson vide avait encore une fuite
Pas de dommage non plus. Cette fois, nous avions prévu un itinéraire avec Homo palmette afin que je joue le rôle d’éclairagiste et elle de photographe. Mais, durant la nuit, la touille s’était emparée du navire…
Ce n’est pas grave, il suffit de s’adapter pour profiter autrement de l’épave.
Plus le château s’effondre et plus la cheminée ressort. Une vieille chaîne est soudée par la rouille en haut d’un tuyau remontant dans le large cylindre de tôle fine et fragile.
Dans cette situation, plus on descend, plus le brouillard s’épaissit et moins la lumière perce. Deux étages plus bas, il faut savoir que la pompe de cale se trouve à cet endroit pour aller la chercher et la trouver.
Nous continuons notre descente à la cassure. Dans l’enchevêtrement de ferraille et de filets, il fait nuit. Une comatule rouge sang est révélée par le faisceau du phare.
Un peu plus bas, sur le même filet, une dromie est trahie par le bout rose et lisse de ses pinces.
Le fond n’est plus loin. L’obscurité est totale. La lumière du phare ne perce pas la touille à plus d’un mètre. Soudain, des formes cylindriques apparaissent dans le halo.
Ce sont des grenades sous-marines qui sont entassées pêle-mêle au fond de la cale.
Le système de paramétrage de l’explosion selon la profondeur est encroûté. Pas question d’aller le gratouiller…
Il n’y a que le bruit des bulles dans l’obscurité. On devine l’existence des filets et des ferrailles tout autour de nous sans pouvoir les apercevoir. La remontée est prudente et lente. Au-dessus de nous, le canon arrière pointe vers la surface lumineuse à travers le brouillard de l’épave…