Histoires et photos autour de mes plongées en Roussillon et ailleurs
Les éléments étaient contre nous pour ce long week-end de mai : houle du large, crachin breton et visi très réduite sur 20 m. Et en dessous ? Les conditions au fond sont très aléatoires. L’impossibilité de les prévoir avec exactitude permet de garder l’espoir d’une heureuse surprise au bout de la longue descente. Il faut bien l’avouer, on aime généralement trouver une bonne visi. De toute façon, il faut bien faire avec ce qui nous attend. J’ai déjà eu l’occasion à plusieurs reprises de dire combien on peut se faire plaisir même lorsque la touille fait tomber la nuit en plein jour.
Pour cette première visite de l’Astrée cette année, la touille nous attendait un peu au-dessus de l’épave. La visite habituelle du haut du château était tout à fait possible : claires-voies, trou de la cheminée, vue sur les fourneaux de la cuisine… Dans les coursives, c’était déjà moins clair. A la lueur du phare, les anthias sortaient de l’ombre pour donner quelques couleurs vives à cette ambiance crépusculaire brumeuse.
Plus bas, c’était la nuit. On ne voit pas plus loin que le cône lumineux artificiel et, sans connaître l’épave, on peut se demander ce qu’il y a dans les ouvertures des cales, jusqu’où descend la coque, où mènent les échelles qui se perdent dans le noir…
En longeant la coque côté bâbord, un bouquet de gorgones rouges sort brutalement de l’obscurité. C’est une chose un peu insolite dans le secteur. Ces gorgones ont presque disparu des sites côtiers, y compris dans la réserve, et il ne me semble pas que les autres épaves soient colonisées par d’aussi beaux individus.
Visiteurs cyclistes surlestés, faites attention à vos palmes lorsque vous croiserez dans ces parages.
Les circonstances ne se prêtaient pas à une visite de la poupe ni des restes de la proue. Ça sera pour de prochaines fois.