Histoires et photos autour de mes plongées en Roussillon et ailleurs
Pour une fois, nous arrivons par la cassure sur laquelle sont toujours accrochés des filets. Un petit coucou à une langouste et nous remontons l’épave sur bâbord en direction des coursives. Il y fait très sombre. L’Alice Robert pouvait accueillir 8 passagers dans des cabines confortables, selon les références de l’époque. Exemple de ce confort, il était possible de profiter de la vue sur la mer, de l’autre côté de la coursive inférieure, tout en se soulageant aux toilettes. Je peux en témoigner, ça n’est pas désagréable, surtout quand passe un banc de dauphins (non, ce n’est pas l’azote, c’était en d’autres lieux plus tropicaux).
Nous montons sur le château. C’est une ambiance toute printanière qui enveloppe l’épave. L’eau, bien que lumineuse, est chargée en particules extrêmement fines. Ce n’est pas comme la touille habituelle. L’eau est comme colorée. Peut-être est-ce parce que nous sommes dans la saison des importantes efflorescences microalgales ?
Tout est estompé dans cette ambiance. De temps en temps, nous savons que nous croisons une palanquée aux halos des lampes, comme des phares dans le brouillard. Nous allons bientôt devoir regagner la surface. Le temps de faire un tour autour des tourelles au milieu du pont avant.
Puis, plutôt que de remonter directement en pleine eau, nous prenons le temps d’un lent début d’ascension le long du mât. Il vaut le détour, il mérite du temps. Couvert de Corynactis, il est entouré d’anthias tournoyant autour de sa flèche.
François et Catherine nous suivent de près. Nous ferons nos paliers en dérivant ensemble avant de retrouver le soleil, le ciel bleu et, au loin, le Canigou enneigé.