Histoires et photos autour de mes plongées en Roussillon et ailleurs
Je sais, c’est le printemps. C’est pour ça que depuis le week-end dernier nous avons ressorti les blousons, qu’il pleut et que nous partons donc sous des cieux plus tropicaux. Avant, en fin d’hiver officiel, il faisait beau et presque chaud… à terre. Parce que dans l’eau, c’était un peu frisquet. C’est comme ça en hiver. Certains poissons migrent, d’autres, casaniers, restent. Et puis il y a tous ceux qui ne bougent pas ou presque. Pour eux, pas de vacances au soleil, il faut endurer l’hiver. Le plongeur, lui, revêt ses habits (presque) étanches et peut alors profiter pleinement des joies de la plongée en eau fraîche, loin de l’affluence de la haute saison.

C’est un réel plaisir de retrouver en bonne compagnie l’eau salée, calme, bleue de loin mais plutôt claire une fois dedans.

Gorgones, alcyons, clavulaires, corail… Les cnidaires sont partout, dès les premiers mètres sur la roche pour les gorgones (et les alcyons encroûtants les envahissant) et plutôt sur le coralligène pour les alcyons et le corail rouge, pour qui sait où le trouver.

L’étoile de mer glaciaire se moque bien de l’hiver. Ce très gros spécimen s’étirait de tout son long sur le sable jusqu’à ce qu’il sente notre présence toute proche et qu’il commence à rétracter ses gros bras.

Cette étoile de mer orange avait une position nonchalante et un peu inhabituelle.
En ce moment, il est facile de voir de très nombreux minuscules nudibranches un peu partout. Il paraît que pour beaucoup d’espèces, la durée de vie est limitée à 1 ou 2 ans. Durant l’hiver, même s’ils sont un peu moins fréquents, ils sont bien là : Doris dalmatien, Cratena peregrina, Cuthona caerulea et même tylodine jaune, un proche parent.
Dans la grande famille des mollusques, il y a aussi les poulpes qui n’ont pas été pêchés la saison dernière et qui n’ont pas dû assurer la ponte et sa ventilation jusqu’à l’épuisement.
Parmi les poissons casaniers, le gobie à lèvres rouges n’est pas plus excité que sous le soleil estival.
Et la murène doit penser le coralligène comme un garde-manger moins bien fourni. Un peu de patience, ils vont revenir.
Planant loin au-dessus de tout ce petit monde, un ange passe…
Moralité : la différence majeure entre les plongées d’hiver et les plongées d’été réside dans la tenue du plongeur…
Blague à part, même si les poissons sont moins nombreux et moins variés, la plongée en hiver a largement de quoi rendre un plongeur très heureux !