Histoires et photos autour de mes plongées en Roussillon et ailleurs
Après notre rencontre avec le poisson-lune (voir Un nettoyage qui tourne mal ), nous avons flâné jusqu’à nous retrouver au début de la langue de galets conduisant à la faille dite des corbs, bien qu’il n’y en ait malheureusement plus un seul à cet endroit depuis plusieurs années. Mon regard a été attiré par une chose étrange se déplaçant lentement mais bien visiblement.
Une rapide observation indique alors une paire de rhinophores gainés comme chez les Tritonia, une série de bouquets branchiaux le long du dos, un manteau plein de papilles pustuleuses et sur le devant, deux lobes avec des digitations. Sur le moment, j’ai pensé à Marionia blainvillea. Mais voilà, ladite bête n’est pas censée dépasser les 6 cm alors que le spécimen qui traverse la langue de galets devant nos masques mesure 15 cm…
Après quelques recherches documentaires, je pense qu’il s’agit donc de Tritonia hombergii. Ce nudibranche serait beaucoup plus commun autour des îles anglaises, mais il est néanmoins observé sur les côtes espagnoles.
Cet animal se nourrirait d’un alcyon qui ne se trouverait pas en Méditerranée, ce qui pose un petit problème (pas pour l’animal car il semble être en forme, mais à ceux qui rédigent les fiches…). Les papilles pustuleuses contiendraient un composé irritant qui provoquerait des cloques, faisant de ce charmant mollusque l’un des rares considérés comme pas sympa pour l’Homme. Heureusement, l’Homme plongeur, par principe, quand il est sous l’eau, ne touche pas à tout. Sinon, c’est tant pis pour lui !