Histoires et photos autour de mes plongées en Roussillon et ailleurs
L’Alice Robert était un bateau. Le surnom qui lui survit, Bananier, ne reflète pourtant pas ce qu’il est devenu. Il faut en convenir, aujourd’hui nous plongeons sur le SG11, escorteur rapide, bâtiment militaire chargé de munitions et de canons qui est allé au feu plus souvent qu’à son tour durant sa courte, très courte vie de garde du corps pour cargos en tout genre.
Des plus petits calibres, ceux de 20 mm, les plus nombreux à l’origine, il ne reste que les embases. Les armes en elles-mêmes ont disparu progressivement, pas par simple dilution dans l’eau de mer…
Les canons de 37 mm ont été ajoutés après une refonte, quelques mois avant le naufrage. Les tourelles résistent encore, mais sont fragilisées.
Quant aux canons, leur sort varie. A l’avant tribord, il est encore en place. A l’avant bâbord, il repose sur la tourelle.
A l’arrière du château, le double canon est un incontournable de la visite.
Des 3 canons de 105 mm, 2 sont sur la partie principale de l’épave. Le canon de proue pointe toujours vers le large, droit devant.
Son homologue du pont arrière pointe vers la surface.
En de nombreux endroits, les caisses de munitions sont posées ou tombées sur les ponts. Et je ne parle pas des grenades sous-marines entassées en vrac au bas de la cassure…
Un peu plus de 200 hommes servaient sur le SG11. Le nombre de morts et disparus lors du torpillage restera à jamais incertain, une trentaine peut-être.
Je m’interroge souvent sur la motivation qui nous fait descendre voir des armes, des objets conçus pour tuer, dans un environnement où nos explos sont agrémentées par ce qui est vivant. La mitrailleuse du Saumur n’est-elle pas l’emblème du cargo ? Le SG11, qui se meurt silencieusement, a souvent ses canons entourés de nuées d’anthias et d’autres poissons. Belle revanche !
Moralité : faites l’amour, pas la guerre