Histoires et photos autour de mes plongées en Roussillon et ailleurs
Le St Eustatius National Marine Park a été fondé en 1996 dans un double objectif de conservation et de gestion des ressources marines. Le parc entoure toute l'île sur une surface totale de 27,5 km2 et s'étend de la surface jusqu’à 30 m de fond. Avec le parc national terrestre Quill – Boven, ces zones protégées appartiennent au St Eustatius National Parks (STENAPA).
Lors de la création du parc marin, le récif artificiel nommé STENAPA reef a été établi en déposant plusieurs épaves, dont une barge et un petit remorqueur, pour attirer la faune et ainsi recréer une zone d’intérêt pour les pêcheurs en dehors de la réserve marine.

Les épaves sont colonisées différemment. Ma préférence va au petit remorqueur de 15 m.
Sa colonisation est étonnante. Il est recouvert d’une grande variété d’éponges et de cnidaires multicolores.
Sur ce fond de sable, les vestiges offrent non seulement des supports de développement, mais aussi des refuges.
Il y a des petits animaux délicats, comme les crevettes de Pederson.
Et d’autres d’apparence moins frêle comme l’holothurie verruqueuse
Qui dit récif, dit garde-manger, non seulement pour les pêcheurs, mais aussi pour les barracudas.
Bien que les alentours soient sableux, des petites raies trouvent des surfaces où se poser.
Il ne faut pas négliger les zones de sable entre les épaves. C’est là que sont les plus grandes raies.
C’est aussi l’endroit pour trouver le bernard-l’ermite géant, crustacé qui peut paraître ambitieux quand on voit la taille de l’énorme coquille qu’il semble traîner avec peine. Toutefois, lorsqu’il atteindra les 30 cm, il lui faudra au moins ça !
Dans cet environnement de sable, le moindre objet compact solide est un îlot de vie colorée. Certains peuvent y trouver un abri ou peut-être de quoi se nourrir, comme ce juvénile de poisson-ange.
La vie sous-marine peut être luxuriante. De trop nombreux exemples montrent que l’impact humain est dévastateur, que ce soit directement par le prélèvement des ressources ou indirectement par la pollution et la dégradation des environnements. Suivies, respectées et entretenues, les réserves ont un effet visible. Les concevoir dans un système intégré de développement durable, économiquement et socialement acceptable, est beaucoup plus intelligent que de se limiter à une simple zone d’interdictions et de restrictions. L’idée de développer des récifs artificiels en dehors d’une zone désormais protégée est donc intéressante, à condition que ce soit bien fait. Et en plus, la plongée a tout à y gagner.