Histoires et photos autour de mes plongées en Roussillon et ailleurs
Ce sont des animaux qui n’attirent pas souvent l’attention du plongeur. D’ailleurs, nombreux sont ceux qui les prennent pour des végétaux. Les éponges sont pourtant d’une grande variété de formes et de couleurs. Les petits fonds de la Côte Vermeille recèlent une diversité de plusieurs dizaines d’espèces facilement observables car les éponges ne bougent pas très vite… Rien que dans la faille dite des corbs à la Moulade, plus de vingt espèces d’éponges colonisent la paroi (voir Les éponges de la faille des corbs ). Parmi elles, on ne peut pas manquer de remarquer deux belles axinelles buissonnantes de plusieurs dizaines de centimètres.
De loin, leurs « branches » souples d’un à deux centimètres de diamètre semblent simplement enchevêtrées. Lorsqu’on se rapproche, on s’aperçoit que quelques petits bernard-l’ermite crapahutent sur l’éponge. Et lorsqu’on s’approche encore plus et qu’on prend le temps de fouiller du regard, on peut apercevoir de nombreux petits points renvoyant la lumière. Ce sont les yeux de minuscules crevettes qui doivent trouver le gîte et le couvert sur l’éponge.
Cette belle grande axinelle est une sorte d’HLM à petits crustacés. Les bernard-l’ermite sont facilement observables alors que les crevettes le sont vraiment très difficilement. Ce n’est pas une raison pour les ignorer. Cette faille est fortement fréquentée par des plongeurs qui se comportent souvent comme des sangliers. Il serait bien de se souvenir que c’est tout un monde qui n’a pas besoin de coups de palmes.