Histoires et photos autour de mes plongées en Roussillon et ailleurs
Le mérou brun que nous croisons à chaque plongée dans la réserve (et malheureusement pas assez en dehors de celle-ci) est un poisson qui semble casanier, souvent posé dans une faille, sous un surplomb ou entre les rochers. Il n’a pas le caractère d’une castagnole virevoltante.
Mais ce n’est pas parce qu’il semble chercher la tranquillité qu’il ne se tient pas au courant de tout ce qui se passe dans les environs. Une de ses principales préoccupations est, bien entendu, le menu de son prochain repas. Comme chez les autres poissons, il est équipé de plusieurs organes sensoriels, dont les narines. Le mérou brun a des narines visibles comme le nez au milieu de la figure. Chacune est double avec un orifice d’entrée et un orifice de sortie pour que l’eau y circule. Au passage, les cellules olfactives qui en tapissent le fond analysent les composés chimiques véhiculés par l’eau. Les informations sont transmises par les nerfs olfactifs jusqu’au cerveau dont la masse est consacrée à 50 % à l’olfaction (pourcentage environ 100 fois plus important que chez nous). Avoir une bonne olfaction permet de faire la différence entre une moule et un poulpe ou entre un calmar et un calamar, par exemple…
La prochaine fois que vous tomberez nez à nez avec un mérou dans son trou, soyez sympas avec lui, faites qu’il ne vous ait pas dans le nez ou, pire, que la moutarde y monte. Vous pourrez ainsi l’observer en toute sérénité.