Histoires et photos autour de mes plongées en Roussillon et ailleurs
La visi est un paramètre critique très aléatoire, d’autant plus qu’elle change souvent selon la profondeur, selon l’endroit de l’épave et même parfois en cours de plongée. Cela peut devenir un véritable un casse-tête pour le plongeur qui veut prendre des photos. En gros, il a le choix entre la photo d’ambiance, la proxi, la macro et la visi dicte plus ou moins le choix. Peu d’appareils sur le marché permettent de s’adapter parfaitement à toutes les situations, donc il faut faire des choix, des compromis entre un appareil qui aura un très beau rendu en macro et un rendu moyen en ambiance d’épave en partie voilée et à faible luminosité ou un appareil spécifiquement dédié à l’ambiance, par exemple, quitte à faire l’impasse sur la macro. Il existe une autre possibilité : la synergie entre plongeurs d’une palanquée. Dans un binôme, chacun peut avoir du matériel adapté à des situations différentes et celui qui s’occupe de la macro peut également servir de modèle à l’autre plongeur. C’est un peu l’idée que nous essayons de mettre en pratique. Et cette fois-là, la péniche nous a mis à l’épreuve.
La visi n’était pas très bonne, mais pas très mauvaise non plus. L’ambiance générale était assez lumineuse malgré un brouillard bien perceptible. Pour montrer l’épave, il fallait prendre du recul, ce qui est problématique dans ces conditions de visi.
La luminosité, très changeante selon les angles, était perturbante et les réglages à changer sans cesse.
Pour la macro et la proxi, les choses étaient plus simples, sauf à l'intérieur de la cabine...
Et le modèle ? Disons plutôt, les modèles. Les plongeurs donnent de la profondeur, indiquent l’échelle ou mettent en valeur une zone éclairée par leurs lampes.
(petit jeu : trouver le poulpe)
Comme ils ne sont pas là uniquement pour faire plaisir à celui qui veut prendre des photos, il faut que ce soit le photographe qui compose avec les éléments : direction des palanquées, positions des plongeurs, composition des images… Il n’est pas facile de prévoir les mouvements des plongeurs ainsi que leurs gestes avec leurs phares.
Avec tout ça, le plongeur photographe profite-t-il encore de sa plongée ? Le paparazzi japonais ne passe-t-il pas à côté des choses en ne faisant son explo qu’à travers son appareil ? N’est-il pas dans un monde où il s’enferme seul ? La sécurité et la gestion de la plongée sont-elles optimales ?
Cette plongée sur la péniche a été difficile pour la photo, mais bien sûr agréable pour plusieurs raisons qui font qu’on a envie de recommencer : le plaisir de l’immersion, le plaisir de débusquer par exemple les nudibranches colorés, le plaisir d’être en bonne compagnie et de partager l’expérience…