Histoires et photos autour de mes plongées en Roussillon et ailleurs
Le crénilabre méditerranéen Symphodus mediterraneusest un petit poisson d’une quinzaine de centimètres que l’on observe parmi les girelles et les sars. Il vient fureter avec eux si le substrat est soulevé, au cas où il y aurait quelque chose à grappiller. Sinon, il se nourrit de mollusques, de vers et de bryozoaires. Son habitat est comparable à celui d’autres crénilabres : fond rocheux et herbiers, pourvu qu’il y ait des anfractuosités pour passer la nuit à l’abri. On le différencie des autres crénilabres par les taches à la base de la queue et des nageoires pectorales, son œil cerclé de jaune, ses lèvres blanches et sa couleur générale dans les tons rouges. Le mâle en période de reproduction fait ressortir des couleurs plus vives, des points et des traits bleus. Mais cette caractéristique masculine est à nuancer chez certains individus. En effet, le grand mâle territorial affiche sa virilité. Il construit un nid d’algues et de sable où il féconde les œufs (qu’il surveille ensuite) des femelles séduites. Mais d’autres jeunes mâles, rusés, adoptent une robe androgyne pour se faire passer pour des femelles et venir féconder en douce quelques œufs dans le nid. Il faut préciser que le crénilabre méditerranéen est d’abord femelle pendant ses 2 premières années, puis il devient mâle.
Le crénilabre méditerranéen n’est pas vraiment identifié comme tel dans la gastronomie. Il est plutôt nommé roucaou ou rouquier, comme d’autres crénilabres. Car la différence entre les espèces de crénilabres n’est pas forcément faite par ceux qui les pêchent pour les consommer en soupe ou dans la bouillabaisse.
