Histoires et photos autour de mes plongées en Roussillon et ailleurs
Voilà près de 200 articles que je n’avais pas présenté de nudibranches. C’est en se remettant à l’eau en ce début d’année que les surprises sont arrivées. Voici donc 2 espèces supplémentaires dans cette série d’articles dédiés spécifiquement à ces curieux animaux.
Comme son nom scientifique le laisse logiquement entendre, le nom vernaculaire de Flabellina lineata est la coryphelle blanche, ou argentée, ce qui peut semer la confusion.
Cette flabelline, pouvant atteindre 5 cm, est identifiable aux lignes blanches des tentacules labiaux qui se rejoignent pour n’en former qu’une seule sur le dos de l’animal. Deux autres lignes blanches sont tracées dans la longueur de part et d’autre des papilles.
Les rhinophores sont lisses. Les cérates portent à leur extrémité une zone blanche où sont regroupés les cnidocytes provenant des polypes consommés. C’est une manière d’utiliser pour son propre compte le système d’armement venimeux des hydraires ingérés. Les papilles sont aussi teintées par la couleur des glandes digestives visibles par transparence. Habituellement dans une gamme allant de l’orange au brun en passant par des rouges plus vifs, cette coloration peut changer selon la nourriture qui a été avalée et son stade de digestion.
Ce nudibranche a été observé en Méditerranée occidentale et le long des côtes de l’Atlantique, du Portugal à la Norvège.
La coryphelle mauve, Flabellina pedata, partage plusieurs caractéristiques avec Flabellina lineata, en commençant par la confusion entre le nom de genre scientifique et le nom vernaculaire. Lorsque toutes les coryphelles auront été définitivement reclassées parmi les flabellines, ça sera plus simple. Je disais donc qu’elle partage plusieurs caractéristiques : même localisation géographique, même type d’alimentation, même pratique de reconversion des cnidocytes en défense à l’extrémité des cérates. Les tentacules labiaux sont lisses. Les glandes digestives sont également visibles par transparence et leur couleur varie du violet au rose et à l’orange.
La coryphelle mauve est plus petite, 1 à 2 cm en Méditerranée (mais jusqu’à 5 cm en Atlantique : les hydraires y sont-ils survitaminés ?). Ses rhinophores ne sont pas absolument lisses, mais légèrement ridés, ce qui permet de la distinguer de la flabelline mauve Flabellina affinis. Autre point de discrimination, les papilles sont terminées par des extrémités blanches.
Retrouvez les autres espèces présentées de nudibranches et proches parents dans la catégorie des billets faunistiques.