Histoires et photos autour de mes plongées en Roussillon et ailleurs
Les récifs artificiels peuvent être une manière de limiter la pression anthropique exercée par les plongeurs sur des sites trop fréquentés en augmentant l’offre de sites. L’objectif est de mieux gérer le patrimoine écologique afin de contenter les plongeurs et donc que tout le monde soit satisfait. Car des fonds détériorés attirent moins et sont donc défavorables pour l’économie locale. Mais les récifs artificiels peuvent être conçus de différentes façons et leur perception par les plongeurs n’est pas a priori évidente. Dans leur publication (1), les auteurs ont analysé la relation entre le niveau d’expérience des plongeurs et leur perception des récifs artificiels à la Barbade (au Sud-Est de l’arc antillais). Pour cela, ils ont soumis un questionnaire de 36 questions à 200 plongeurs en séjour sur l’île. Les résultats sont nets.
Tout d’abord, la structure artificielle préférée (76.5 %) est le navire qui a subi un naufrage, suivi par le bateau coulé volontairement (15.5%). Les 8 % restant concernent à peu près tous les matériaux assemblés (structures en métal, en ciment, rochers…).
Ensuite, le niveau d’expérience est déterminant dans la perception. Un plongeur expérimenté privilégie le récif naturel dans 90% des cas recensés, alors que les novices (définis ici comme ayant moins de 100 plongées) semblent apprécier à peu près de la même manière les récifs artificiels (60%) que les naturels (40%). L’indice de satisfaction après plongée varie dans ce sens : les plongeurs sondés ayant environ 800 plongées sont peu satisfaits, ceux ayant en moyenne environ 500 plongées sont indifférents et ceux ayant entre 10 et 100 plongées sont satisfaits ou très satisfaits de leur immersion sur des récifs artificiels.
Parmi les 13 critères de qualité soumis aux plongeurs sondés, ceux mis en avant par tous, sans distinction d’expérience, sont l’abondance des poissons, la visibilité, la sécurité, la qualité du corail et l’accessibilité.
Bien sûr, cette étude a été réalisée sur une île tropicale où les plongées se font dans des conditions bien différentes de celles de nos côtes métropolitaines. De plus, elle est dépendante de l’offre de sites naturels et artificiels locaux. Néanmoins, les conclusions de l’étude sont intéressantes car elles pourraient avoir des conséquences pratiques. Les auteurs recommandent d’effectuer plus de plongées de formation et d’explo avec des débutants ou des plongeurs peu expérimentés sur des sites artificiels afin de réduire les impacts sur les sites naturels. Ces plongeurs devraient tout autant apprécier leurs plongées. En général, sur nos côtes, les structures artificielles sont considérées comme des moyens d’attirer une biodiversité malmenée par ailleurs, pas uniquement par les plongeurs… Regarder ces récifs comme des sites à part entière pour réduire les impacts des plongeurs, dans certaines conditions de pratique, sur d’autres sites très fréquentés est un atout supplémentaire pour le développement de ces récifs et un argument en faveur de leur ouverture aux plongeurs.
1. Kirkbride-Smith, A. E., Wheeler, P. M., Johnson, M. L. 2013. The relationship between diver experience levels and perceptions of attractiveness of artificial reefs – examination of a potential management tool. PLOS ONE, vol. 8, e68899.
(source : http://corailreunion.blogspot.fr)